Syrie : le régime d'Assad accusé d'une attaque chimique sur Douma, le dernier bastion rebelle de la Ghouta orientale

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FRAPPE - La ville rebelle de Douma a été la cible d'une attaque chimique présumée ce samedi 7 avril. Attribuée au régime syrien, elle a suscité l'indignation de la communauté internationale. Au moins 48 personnes seraient mortes, selon les Casques blancs, des secouristes en zones rebelles.

C'est le dernier bastion rebelle de la région de la Goutha orientale. Située aux portes de Damas, la ville de Douma, encore aux mains du groupe Jaich al-Islam, est devenue la cible prioritaire du régime de Damas, avec le soutien de Moscou. Ce samedi 7 avril, elle a été la cible d'une attaque meurtrière.


Dans un communiqué commun avec l'ONG médicale Syrian American Medical Society, les Casques blancs, des secouristes en zone rebelle, ont affirmé que 48 personnes avaient péri suite à des "gaz toxiques". 500 autres personnes, "la plupart des femmes et des enfants", présentaient également "les symptômes d'une exposition à un agent chimique". Parmi eux : des "difficultés respiratoires", des "brûlures de la cornée". Les patients dégageraient aussi "une odeur semblable à celle du chlore".


Sur leur compte Twitter, les Casques blancs ont publié de nombreuses photos et vidéos des victimes, décédées chez elles. On les découvre allongées à même le sol, une mousse blanche s'échappant de leur bouche. Un enchevêtrement de corps sans vie.  Firas al-Doumi, un secouriste de Douma, a aussi évoqué "des scènes effroyables". "Il y avait de nombreuses personnes en train de suffoquer, certaines sont mortes immédiatement", a-t-il indiqué à nos confrères de l'AFP. "C'était un massacre. Il y avait une très forte odeur sur les lieux qui a entraîné des difficultés respiratoires chez les secouristes".

Démenti de Damas, condamnations de la communauté internationale

Ce n'est pas la première fois que le régime de Bachar al-Assad est accusé de lancer des attaque au gaz sur une région rebelle. A chaque accusation, la réaction est la même : le déni. Cette fois, il a qualifié ces nouvelles accusations de "farce" et de "fabrications". Moscou a également "démenti fermement cette information". 


L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui dispose d'un réseau de sources dans le pays en guerre, a de son côté indiqué ne pas être en mesure de confirmer une attaque chimique du régime, mais fait état de dizaines de cas de suffocation. Il dénonce dans tous les cas une intensification de frappes aériennes sur la ville depuis ce vendredi.


Le Royaume-Uni a appelé pour sa part "à une enquête urgente". "Si ces informations sont correctes, elles seraient une preuve supplémentaire de la brutalité d'Assad contre des civils innocents et du mépris de ses soutiens pour le droit international", a estimé Londres. De l'autre côté de l'Atlantique, les Etats-Unis se veulent moins prudents. "Beaucoup de morts, dont des femmes et des enfants, dans une attaque CHIMIQUE insensée en Syrie. La zone des atrocités est bouclée et encerclée par l'armée syrienne, ce qui la rend inaccessible au monde extérieur", a réagi Donald Trump sur Twitter, son canal d'information favori. "Le président Poutine, la Russie et l'Iran sont responsables de leur soutien à l'animal Assad. Il faudra en le prix fort", avant de demander la mise ne place d'un couloir humanitaire. 

La Turquie se montre aussi dure. "Nous condamnons avec vigueur l'attaque et nous soupçonnons fortement qu'elle ait été menée par le régime (de Bachar al-Assad), dont les antécédents en matière de recours aux armes chimiques sont connus par la communauté internationale", a ainsi déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.


L'UE, qui affirme détenir des "preuves", appelle enfin à une réaction internationale.

Une trêve ?

Ce dimanche matin, le régime aurait suspendu ses bombardements pour entamer des négociations avec le groupe rebelle. C'est en tout cas ce qu'affirment les médias officiels syriens. Peu après, Damas a annoncé avoir trouvé un accord : les combattants de Jaich al Islam auraient accepté de ibérer tous leurs prisonniers en échange d'un sauf conduit qui leur permettra de quitter la ville. 


Les évacuations de l'ensemble des rebelles doivent se faire durant les prochaines 48 heures, selon l'agence officielle Sana. Ils devraient se réfugier à Djarablous, une ville du nord du pays située dans la zone frontalière de la Turquie. L'information n'a pas encore été confirmée par les rebelles.

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