Syrie : les Etats-Unis tiennent Moscou pour "responsable" du raid contre un convoi humanitaire

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ACCUSATION - La Maison-Blanche a annoncé mardi qu'elle tenait le gouvernement russe pour "responsable" des frappes aériennes qui ont touché lundi un convoi d'aide humanitaire en Syrie mettant ainsi un terme au cessez-le-feu débuté la semaine dernière.

Le ton est monté d’un cran lors de l'Assemblée générale de l'ONU, dans la soirée de mardi, entre les Etats-Unis et la Russie. Pour cause, Washington a affirmé que Moscou ou son allié syrien pouvaient être à l'origine d’une frappe aérienne contre un convoi humanitaire près d’Alep, survenue la veille. Cette attaque, qui a détruit 18 des 31 camions du convoi, a tué au moins 20 personnes, selon le Croissant-Rouge syrien.


"Nous tenons le gouvernement russe pour responsable des frappes aériennes dans cet espace étant donné que leur engagement dans la cessation des hostilités était de mettre fin aux opérations aériennes là où circulait l'aide humanitaire", a déclaré mardi Ben Rhodes, conseiller adjoint à la sécurité nationale de la Maison-Blanche

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Plus précis dans ses accusations, un responsable américain, sous couvert d’anonymat, a confié que deux bombardiers russes SU-24 étaient sur la zone lors de l’attaque. Un point de vue partagé par l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), pour qui les raids ont été menés par des avions russes ou syriens. 


"Ce sont des avions du régime et des Russes qui sont responsables de cette attaque", a lui aussi affirmé Riad Hidjab, coordonnateur du Haut Comité des négociations (HCN) représentatif de l'opposition syrienne. "Un membre du HCN faisait partie d'un groupe chargé de la protection du convoi. Il nous a fourni des images très claires et très précises", a-t-il expliqué en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, à New York

"Nous n'avons rien à voir avec cette situation"

La diplomatie russe a aussitôt condamné "avec indignation et colère" des allégations faites par des "protecteurs de terroristes et de bandits". Le gouvernement américain ne dispose d'aucun "fait" pour appuyer cette affirmation, a asséné la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. "Nous n'avons rien à voir avec cette situation", a-t-elle précisé  mardi devant des journalistes aux Nations Unies. Le Kremlin a par ailleurs indiqué que l’armée "enquêtait" sur ces événements.

La destruction du convoi avait provoqué une indignation planétaire et entraîné la suspension de l’acheminement par camions de l’aide de l’ONU qui avait à peine démarré grâce au cessez-le-feu débuté la semaine dernière. Or, au lendemain de ce raid, les violences ont repris de plus belle sur le terrain mettant fin à cette fragile trêve péniblement imposée par Washington et Moscou.

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