Syrie : les relations troubles du cimentier français Lafarge avec Daech

Syrie : les relations troubles du cimentier français Lafarge avec Daech
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DERIVE – Dans une enquête publiée mardi, Le Monde affirme que le cimentier Lafarge a tenté en 2013 et 2014 de faire fonctionner "coûte que coûte" une usine en Syrie "au prix d'arrangements inavouables" avec les groupes armés environnants. En particulier avec l'organisation Etat islamique à qui il aurait payé des taxes pour maintenir son activité durant la guerre civile.

Le groupe Lafarge – rebaptisé LafargeHolcim depuis sa fusion avec un concurrent Suisse en 2015 -n'a pas encore réagi, mais les révélations du Monde sont pour le moins embarrassantes. Le quotidien publie mardi une enquête dans laquelle il pointe ses relations troubles avec le groupe Etat islamique en Syrie, où le cimentier avait racheté en 2007 une usine.

A partir de 2013, alors que la guerre civile avait démarré depuis deux ans et que l'organisation djihadiste étendait peu à peu son emprise sur le pays, et sur les routes environnant sa cimenterie située à Jalabiya (nord-est de la Syrie), l'industriel français a tenté de faire fonctionner "coûte que coûte" celle-ci, assure Le Monde .

Droits de passage aux checkpoints et achat de pétrole

Le journal, qui a pu consulter "des courriels envoyés par la direction de Lafarge en Syrie, publiés en partie par le site syrien proche de l'opposition Zaman Al-Wasl", parle d'"arrangements troubles et inavouables avec les groupes armés environnants dont Daech". Des combines qui auraient duré "jusqu'au 19 septembre 2014, date à laquelle l'EI s'empare du site et Lafarge annonce l'arrêt de toute activité".

Lafarge, qui cherchait à garantir l'accès à l'usine de ses ouvriers et des marchandises, aurait ainsi missionner notamment un certain Ahmad Jaloudi "pour obtenir des autorisations de l'EI pour laisser passer les employés aux checkpoints. Autre preuve avancée par le quotidien : "Un laissez-passer estampillé du tampon de l'EI et visé par le directeur des finances de la wilaya (région) d'Alep, daté du 11 septembre 2014, atteste des accords passés avec l'EI pour permettre la libre circulation des matériaux".

Pour pouvoir fabriquer le ciment, Lafarge est aussi passé par "des intermédiaires et des négociants qui commercialisaient le pétrole raffiné par l'EI, contre le paiement d'une licence et le versement de taxes", assure également le journal. Selon qui des échanges de mails "permettent de conclure que la direction de Lafarge à Paris était au courant de ces efforts".


 

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