Syrie : toutes ces fois où des armes chimiques ont été utilisées depuis le début de la guerre

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FOCUS - Depuis le début du conflit en 2011, le régime syrien est accusé d’avoir utilisé des armes chimiques contre sa population à plusieurs reprises. Le groupe Etat islamique aurait également fait usage d’armes chimiques contre des groupes rebelles syriens. Retour sur les faits.

Une attaque chimique dans la ville rebelle de Khan Cheikhoun, a fait au moins 58 morts, et 400 personnes ont été victimes d'asphyxie ce mardi 4 avril, selon le dernier bilan. Pour l'heure, c'est le régime syrien de Bachar al-Assad qui est pointé du doigt. Une attaque grave à l'arme chimique qui n'est pourtant pas une première pour Damas.

La menace de Bachar Al-Assad contre l’Occident

Juillet 2012, un an et quatre mois après le début de la révolution syrienne, le régime syrien reconnaît pour la première fois posséder des armes chimiques et menace de les utiliser en cas d'intervention militaire occidentale mais pas contre sa population. Un mois plus tard, le 20 août, Barack Obama affirme qu'avoir recours à de telles armes ou même les déplacer reviendrait à franchir une "ligne rouge", synonyme d’intervention militaire.

Première attaque au gaz sarin près de Damas

Le 21 août 2013, un an après la menace du président américain Barack Obama, les forces du régime attaquent plusieurs quartiers rebelles en périphérie de la capitale Damas. L'opposition accuse alors le régime, qui dément, d'avoir perpétré ces attaques avec des gaz toxiques. Fin août, les Etats-Unis affirment avoir la "forte certitude" que le régime est responsable de l'attaque qui a fait selon eux plus de 1400 morts, dont 426 enfants.


Mais aucune intervention militaire occidentale n'est engagée car deux jours auparavant, la signature d'un accord américano-russe à Genève sur le démantèlement de l'arsenal chimique de la Syrie repousse la perspective de frappes envisagées notamment par Washington et Paris pour renverser Bachar Al-Assad.

Attaques au chlore

Un an plus tard, le 10 septembre 2014, les enquêteurs de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) confirment que le chlore a été utilisé en tant qu'arme chimique de manière "systématique et répétée" dans les provinces de Hama et  d’Idlib, deux villes rebelles du centre et du nord du pays. Une commission d'enquête de l'ONU avait également accusé les autorités syriennes d'avoir utilisé "probablement du chlore" à huit occasions dans l'ouest du pays.


En août 2016, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) fait état de 24 cas de suffocation dans la ville rebelle de Saraqeb, à 50 km au sud d'Alep. Le 12 août, une autre attaque chimique aurait fait quatre morts et des dizaines de blessés à Alep.


Washington, Londres et Paris accusent l'armée syrienne d'avoir mené depuis seize mois des attaques au gaz de chlore. Mais pour la Russie, alliée de Damas, il n'existe pas de preuve irréfutable de la culpabilité du régime. En février 2017, la Russie et la Chine mettent d'ailleurs leur veto à une résolution de l'ONU qui prévoyait des sanctions contre la Syrie pour son utilisation d'armes chimiques.

Le groupe Etat islamique également soupçonné d'utiliser des armes chimiques

L'organisation Etat islamique qui contrôle notamment de larges territoires dans l'est de la Syrie, est depuis longtemps soupçonné de tenter de fabriquer du gaz moutarde, une substance incolore et inodore provoquant de graves brûlures de la peau et des voies respiratoires. Sur le terrain, une seule utilisation par l'organisation djihadiste a été formellement démontrée par l'ONU.

 

Le 21 août 2015, au cours de la bataille de Marea, près d'Alep, les soldats de Daech avaient employé ce gaz contre les groupes rebelles locaux. L'identification de la substance sera confirmée quelques mois plus tard par des experts de l'ONU.

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