Madaya, Kobané, Homs : comme Alep, ces villes syriennes ont vécu l’enfer

TRAGÉDIE – Comme Alep, à nouveau prise en étau depuis plusieurs jours par de terribles combats entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad, d’autres villes de Syrie ont été en première ligne face à l’horreur de la guerre. LCI vous rappelle les cas de Homs, Kobané et Madaya, trois cités au destin dramatique.

L’horreur, toujours. Alors que le conflit fait rage en Syrie depuis plus de cinq ans, une ville symbolise depuis plusieurs jours à elle seule la tragédie et les atrocités de la guerre : Alep. Après une courte accalmie dans les combats, les habitants des quartiers rebelles de l’ancienne capitale économique du pays subissaient en effet ce vendredi, pour le quatrième jour consécutif, d'intenses nouveaux raids du régime de Bachar al-Assad  


"Les affrontements sont très violents, avec des bombardements mutuels", déplore le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une ONG anti-Assad basée à Londres. "Le régime a progressé dans la zone avant d'être repoussé par les rebelles." L'inquiètude porte notamment sur la situation humanitaire, avec un risque de pénurie de vivres, voire de famine.

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Nouveaux bombardements sur Alep, déjà au bord de la famine

Si Alep est actuellement le principal front du conflit syrien, qui a fait plus de 300.000 morts depuis 2011, d’autres villes ont, elles aussi, été victimes d’interminables sièges. LCI vous rappelle les cas de Homs, Kobané et Madaya, trois cités au destin dramatique. 

À Kobané, le siège de Daech a provoqué la destruction des trois quarts de la ville

Kobané, qualifiée par certains observateurs de "Stalingrad du Moyen-Orient", a longtemps symbolisé la résistance face à Daech. Assiégée par les terroristes, qui en contrôlaient une partie, plusieurs mois à partir de l'été 2014, cette ville stratégique, proche de la frontière turque, avait été libérée une première fois en janvier 2015 par les combattants peshmergas kurdes, aidés par les frappes de la coalition internationale. 

 

Cinq mois après leur fuite, les djihadistes ont tenté une nouvelle incursion dans la ville en juin 2015. Mais, là encore, les peshmergas les ont repoussés. Si l'issue de cette épique bataille semble plutôt positive, cette longue période de siège a été terrible pour Kobané et sa population. Les trois quarts des bâtiments ont été détruits et des milliers d'habitants -sur les quelque 45.000 qui y vivaient- ont dû fuir à un moment ou à un autre. 

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Syrie : un an après sa libération, Kobane réapprend à vivre

Homs, assiégée pendant trois ans par l'armée d'Asssad

Bastion de la contestation anti-Assad, Homs, troisième ville la plus peuplée de Syrie avant le début du conflit, a été l'une des premières à vivre en état de siège. C'est dans cette cité, appelée "capitale de la Révolution" par certains opposants au régime, que les manifestations consécutives au "printemps arabe" ont le plus vite et le plus violemment éclaté en 2011.

 

Dès le mois de novembre de cette même année, soit moins d'un an après le début de la rébellion dans le pays, l'armée loyaliste prend d'assaut Homs et plus particulièrement le quartier de Baba Amr, foyer des contestataires. S'ensuivra un terrible siège qui durera jusqu'au retrait des forces rebelles au mois de mai 2014. 


Là encore, après quelque trois années d'affrontements, la ville a été ruinée par les bombardements et (très) largement abandonnée par ses habitants. Alors qu'un million de personnes environ y vivaient, l'OSDH estime que 800.000 d'entre elles ont fui, notamment vers les nombreux camps de réfugiés de la région. 

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Homs, ville rebelle et martyre, symbole du conflit syrien

Encerclés durant des mois, les habitants de Madaya piégés par la famine

À Madaya, ville frontalière avec le Liban où vivent environ 10.000 habitants, le long siège du Hezbollah, aux ordres de Bachar al-Assad, a fait souffrir de nombreux habitants de famine. Selon le  Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), les souffrances vécues par la population étaient parmi les plus dures de ce que les humanitaires avaient pu voir jusque-là. "Ce que nous avons vu est assez horrible, il n'y avait pas de vie. Tout était très calme. Des rapports crédibles disent que des personnes sont mortes de faim", disait le HCR au début de l’année 2016. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a pour sa part fait savoir fin septembre que ses équipes avaient livré pour la première fois depuis avril une aide alimentaire cruciale à Madaya. 


Selon l’ONU, quelque 600.000 personnes vivent encore assiégées à travers toute la Syrie. 

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ARCHIVES - : assiégée par l’armée d’Assad, la ville syrienne de Madaya meurt de faim

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