Syrie : où peuvent aller les civils qui fuient Alep ?

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SYRIE - L'accord qui devait permettre l'évacuation des milliers de civils qui vivent encore dans les quartiers rebelles d'Alep a été suspendu mercredi. Mais grâce au court répit dans les combats entre régime et insurgés, une poignée d'entre eux avait quitté la ville dans la matinée. Direction l'ouest, où ils sont attendus dans des régions contrôlées par les rebelles.

Au compte-gouttes, ils parviennent à sortir de l’enfer. Selon le Croissant rouge turc, au moins 1.000 civils ont été évacués dans la nuit de mardi à mercredi d’Alep, direction Idleb. Une ville située à quelques dizaines de kilomètres à l'ouest, où ils ont trouvé un peu de répit après plusieurs jours d’intenses bombardements. Mais environ 100.000 Syriens restent encore piégés dans les quartiers Est de la deuxième ville syrienne, sur une zone de 5 km carrés, en attendant leur évacuation. Celle-ci devrait encore se faire attendre après la suspension, mercredi, de l'accord qui devait leur permettre de fuir. Et lorsqu'ils y parviendront, reste à savoir pour où.

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Selon l'influent groupe rebelle Noureddine al-Zinki, l’accord conclu mardi sous la houlette de Moscou et d'Ankara prévoyait que les blessés et les civils soient évacués en premier, avant les rebelles. Direction : les régions rebelles des provinces d'Alep ou d'Idlib. "Tous les civils veulent sortir d’Alep, car sinon c’est la mort assurée nous le savons", avait assuré le président du conseil local des quartiers l'Alep-Est, Brita Hagi Hasan. Et de préciser : "Ils peuvent par exemple aller vers la campagne, à l’ouest d’Alep, mais même là il y a des bombardements et de nombreux réfugiés déjà", estimant malgré tout que ce "déplacement forcé" est "la moins pire des solutions".

"Nous sommes prêts à accueillir ceux qui viendraient en Turquie"

Autre solution : partir au nord, direction la frontière turque. "Nous sommes prêts à accueillir ceux qui viendraient en Turquie", a en effet annoncé mardi le président Erdogan. Le vice-Premier ministre turc Mehmet Simsek avait indiqué peu avant qu'Ankara se préparait à "installer un camp de tentes pour accueillir jusqu'à 80.000 réfugiés syriens fuyant Alep". Il n'a pas précisé si ce camp serait installé en territoire syrien ou turc.

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Pour le régime de Bachar al-Assad, les accords de "réconciliation locale", comme il nomme les opérations d'évacuation comme celle qui a finalement été suspendue mercredi, permettent de faire plier les rebelles après plusieurs semaines de front. Pour preuve, les précédentes initiatives de ce type qui ont jalonné le conflit : à Homs, la troisième ville du pays d'où était partie l'insurrection contre le régime, les rebelles ont dû accepter de quitter leur fief dans la Vieille ville en mai 2014. Il s'agissait du premier accord - négocié sous les auspices de l'ambassadeur d'Iran - entre régime et rebelles pour le retrait des insurgés depuis le début de la guerre en mars 2011. 


Puis, en août 2016, les derniers rebelles ont évacué leur ex-fief de Daraya, près de Damas, en vertu d'un accord conclu entre régime et insurgés au bout d'un siège de quatre ans imposé par le gouvernement. Les combattants ont été transférés vers Idleb, fief des rebelles et djihadistes dans le nord-ouest, et l'armée syrienne a repris le contrôle de Daraya. L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, avait critiqué en septembre la "stratégie" de déplacement forcé de populations mené par le régime et avait prévenu qu'il y aurait "d'autres Daraya".

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