Alep : une trêve pour rien

SANS EFFETS – Des combats et frappes aériennes ont rompu samedi 22 octobre la troisième journée de trêve à Alep observée par le régime de Bachar al-Assad et la Russie. Mais cette trêve qui devait prendre fin le soir-même s’est surtout distinguée par son inefficacité. Les rebelles et Moscou se renvoient la responsabilité.

Les bombes ont repris ce samedi sur Alep après un peu plus de deux jours depuis le cessez-le-feu annoncé par la Russie et le régime de Bachar al-Assad. Elles mettent fin à une accalmie au bilan bien inutile. 


Et pour cause : la trêve entrée en vigueur jeudi matin et qui devait prendre fin samedi soir à 19h, s’est surtout distinguée par son inefficacité. Une inefficacité à la fois dûe à la méfiance régnant dans les deux camps qu’à la faiblesse des moyens logistiques et humanitaires (camps de réfugiés débordés, hôpitaux détruits...). Alors que l’ONU continue de marteler que 200 personnes blessées et malades doivent être évacuées de toute urgence, seuls huit combattants blessés et sept civils ont pour l’instant emprunté les couloirs mis en place pour quitter la ville selon Moscou. 

L’ONU critique l’inaction, la Russie accuse la rébellion

Pourquoi cet échec ? Deux versions s’opposent. D’un côté, les médias syriens d’Etat et la Russie accusent les rebelles, convaincus de leur capacité à résister, d'empêcher toute sortie d’habitants, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov assurant que les combattants avaient recours "aux menaces, au chantage et à la force".


De l’autre, les Nations unies et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avancent que les conditions de sécurité ne sont pas réunies pour permettre les évacuations. "Vous avez différents acteurs dans ce conflit et ceux qui ont de l'influence devraient tous être sur la même longueur d'onde mais ils ne le sont pas", regrette David Swanson, porte-parole du bureau de l'ONU pour la coordination des affaires humanitaires. 


Un blocage visible sur le terrain : l'organisation internationale avait prévu d'évacuer les premiers blessés vendredi mais a finalement été contrainte de reporter ses opérations. Le directeur de l’OSDH Rami Abdel confirme la difficulté de mettre en place des opérations concrètes : "Des comités populaires civils venant des quartiers du régime sont entrés dans les quartiers est pour tenter d'évacuer des blessés, mais ils n'ont pas réussi." Le cauchemar semble encore loin d’être terminé pour les 250.000 habitants d’Alep-est. 

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