Syrie : qui était Kendal Breizh, ce Français tué aux côtés des Kurdes ?

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PORTRAIT - Les proches de Kendal Breizh ont annoncé sa mort ce week-end aux côtés des forces kurdes en Syrie, lors de combats contre l'armée turque.

"Je ne suis pas là pour jouer à Rambo". En juillet 2017, Olivier François Jean Le Clainche s'était confié auprès de France Bleu sur sa présence en Syrie aux côtés des Unités de Protection du Peuple (YPG), les forces kurdes de Syrie. C'est là que ce Breton a été tué, à l'âge de 40 ans, ont annoncé dimanche ses proches. Une information non confirmée pour l'heure par le Quai d'Orsay.

Celui qui se faisait appeler "Kendal Breizh", en rapport avec ses origines bretonnes, aurait été tué le 10 février par les "forces turques". C'est en tout cas ce qu'indique sur son site internet la branche armée du parti syrien kurde. Deux autres Européens sont également morts lors de ces combats, un Espagnol et un Néerlandais. Sa famille et ses amis ont également publié un texte sur Internet pour annoncer son décès.

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"Je suis venu en tant que révolutionnaire"

Dans le reportage de France Bleu Breizh Izel en juillet dernier, le Français était revenu sur son arrivée dans le Rojava, cette région autonome syrienne où sont basés les Kurdes. A l'époque, il s’était présenté comme "un internationaliste" : "Je suis venu en tant que révolutionnaire, et c’est moins pour combattre Daech que pour la révolution du Rojava que les Kurdes ont mise en place ici et qui est basée sur le confédéralisme démocratique ou encore l’égalité parfaite entre les femmes et les hommes". Au fil des mois, il était devenu opérateur lance-roquettes.

En Bretagne, Olivier Le Clainche  avait effectué un BTS en informatique puis un autre en comptabilité. Il avait ensuite travaillé en tant que journaliste à Radio Bro Gwened, jusqu'en 2014. Il avait aussi collaboré à France Bleu Breizh Izel. Une carrière effectuée totalement en Bretagne, où il était militant : pour l'indépendance de la région, puis pour la cause kurde. Sur des images postées sur les réseaux sociaux, on le voit poser avec un drapeau la "Bretagne antifasciste".  

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Les images de l'offensive de l'armée turque contre les Kurdes de Syrie

Dans une autre interview réalisée en janvier par France Info, le Français confiait sa volonté de rentrer en février 2018. Au risque d'être condamné par la justice ? Kendal Breizh se montrait peu inquiet : "Il y a peu de conséquences pour les gens qui ont déjà eu l'occasion de retourner [en France] pour une raison très simple : il serait un peu hypocrite de la part de la France de poursuivre des gens qui combattent avec les YPG, alors qu'à quelques kilomètres d'ici vous avez les forces françaises qui font de même."  

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