Syrie : à l'Onu, la France dénonce des "crimes de guerre"

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DIPLOMATIE - Alors que la deuxième ville de Syrie, Alep, essuie une pluie de bombes, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit ce dimanche pour faire pression sur la Russie et tenter de sauver la trêve dans le pays.

Alep, enjeu majeur du conflit syrien. Depuis 2011, la guerre y a fait plus de 300.000 morts et engendré la pire crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale. Pour le cinquième jour consécutif, l'est d'Alep a subi le feu du régime et de son allié russe. Encore ce samedi, la nouvelle pluie de bombes larguées sur les quartiers rebelles de la ville a tué au moins 45 civils dont 10 enfants, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).


La fragile trêve d'une semaine négociée par les États-Unis et la Russie a pris fin lundi 19 septembre et les efforts diplomatiques pour tenter de la rétablir ont échoué. Résultat, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont demandé une réunion en urgence du Conseil de sécurité, qui se tiendra ce dimanche. En point de mire : la Russie.

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"Il appartient à la Russie de prouver qu'elle est disposée et qu'elle est capable de prendre des mesures exceptionnelles pour sauver les efforts diplomatiques" en vue de rétablir la trêve, déclarent les Occidentaux. Dans leur texte, rédigé en termes très fermes, les signataires lancent un avertissement à Moscou, qu'ils tiennent pour responsable de la rupture de la trêve et de la reprise des hostilités à Alep. "La patience devant l'incapacité ou le refus persistants de la Russie de tenir ses engagements n'est pas infinie", déclarent-ils.


La guerre en Syrie et la situation dans la deuxième ville du pays ont été au cœur de plusieurs réunions cette semaine à New York en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. Mais Russes et Américains n'ont pas réussi à s'entendre sur un nouveau cessez-le-feu.

Alep vit son bombardement le plus intense et soutenu depuis le début du conflit syrienBan Ki-Moon

En attendant, la situation sur place devient de plus en plus critique. L'Union européenne a dénoncé "une violation du droit humanitaire international".  De son côté, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a déclaré dans un communiqué qu'Alep vivait "son bombardement le plus intense et soutenu depuis le début du conflit syrien". Il a fait état "d'informations persistantes sur des raids aériens impliquant des armes incendiaires et des munitions perfectionnées comme des bombes capables de perforer des bunkers" et affirmé que "l'apparente utilisation systématique" de ces bombes dans des zones habitées "pouvait constituer des crimes de guerre". 


Une accusation reprise par l'ambassadeur français à l'Onu François Delattre : "Ce sont des crimes de guerres qui ne doivent pas rester impunis". Le diplomate français a poursuivi en accusant les régimes syrien et russe de poursuivre une solution militaire en Syrie et de se servir des négociations comme "d'un écran de fumée".


Lors d'une conférence de presse à Istanbul, la coalition de l'opposition syrienne en exil a appelé samedi la communauté internationale à agir pour "faire cesser les massacres".

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