Syrie : séance houleuse du Conseil de Sécurité de l'ONU entre les Russes et les Américains

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Frappes américaines en Syrie

CONSEIL DE SÉCURITÉ - La séance du Conseil de Sécurité de l'ONU, réuni en urgence ce vendredi, a été levée sur un appel de l'ambassadeur russe Vladimir Safronkov à ne pas "insulter" son pays. L'Américaine Nikki Haley, elle, a menacé la Syrie d'une nouvelle intervention.

La séance fut d'apparence calme, mais la Russie n'a guère goûté les propos pointant sa responsabilité dans les atrocités commises par Damas. Tour à tour, les diplomates réunis au conseil de sécurité de l'ONU vendredi ont dénoncé l'attaque à l'arme chimique attribuée au régime de Bachar al-Assad et estimé qu'il fallait une réponse "politique" en Syrie. Ce qu'ont notamment expliqué les Français, les Britanniques et Antonio Gutteres, le secrétaire général de l'ONU, peu de temps avant la séance. 

Si beaucoup ont appelé à la retenue et à être vigilant en ce qui concerne une "escalade" après les frappes américaines survenues cette nuit, mais d'autres ont pointé du doigt la responsabilité des Russes et des alliés du régime de Damas. Moscou, principal soutien du régime syrien, a accusé les Américains d'avoir violé la loi internationale en frappant militairement la Syrie jeudi soir, après l'attaque chimique présumée qui a fait plus de 80 morts.

Pour les Russes, Paris, Washington et Londres ont peur des résultats de l'enquête diligentée

"Les Etats-Unis ont attaqué le territoire souverain de la Syrie. Nous qualifions cette attaque de violation flagrante de la loi internationale et d'acte d'agression", a déclaré le représentant de Moscou à l'ONU, Vladimir Safronkov, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité consacré à la frappe américaine. Pour lui, le processus politique avancé après ces frappes est "hypocrite". "Une fois de plus, on utilise la carte des armes chimiques pour présenter un projet de résolution (...) On n'a qu'une seule obsession à Paris, Londres et Washington, le renversement du régime", affirme le diplomate. 

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Frappes américaines en Syrie : comment a réagi la Russie ?

Ce dernier a ensuite expliqué que l'enquête sur les armes chimiques devait être menée et que cette dernière effrayait Paris, Londres et Washington. Selon lui, "elle pourrait aller à l'encontre de l'idée qu'ont ces pays du régime de Damas".  Il a instamment demandé qu'on ne "monte pas la Russie contre l'Irak et le monde arabe" et demandé aux Etats-Unis de mettre un terme qu'il a appelé "une agression". 

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"La Russie était censée avoir détruit l'arsenal chimique syrien"

Un peu plus loin dans la séance, c'est le diplomate ukrainien qui a pris la parole et appelé, sans surprise, la Russie et les alliés de Damas à "prendre leurs responsabilités". "Nous rejetons les accusations de la Russie contre les Etats-Unis (...) Ces déclarations sont creuses et je l'appelle à ne plus se moquer de ce conseil et à se pencher sur ses actions à elle", a lancé l'ambassadeur ukrainien. Nikki Haley, ambassadrice américaine qui présidait la séance, a ensuite pris la parole pour faire une déclaration où elle a notamment expliqué que les vetos russes successifs avaient pour but de "couvrir le régime de Bachar al-Assad". 

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"La Russie était censée avoir détruit l'arsenal chimique syrien", a relevé la diplomate américaine avant de revenir aux événements survenus la nuit dernière. Concernant les frappes US de la nuit dernière, "nous sommes prêts à faire plus, mais nous espérons que cela ne sera pas nécessaire", dit-elle. Sur ces menaces et ces accusations, le Russe Vladimir Safronkov, a demandé, une nouvelle fois la parole en fin de séance pour demander à certains intervenants de la séance "de ne pas insulter" son pays. "Nous demandons à travailler ensemble dans le respect mutuel" a déclaré le diplomate. 

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