Syrie : sous les bombes, Alep au bord du désastre humanitaire

Syrie : sous les bombes, Alep au bord du désastre humanitaire

CHAMP DE BATAILLE - Les quartiers rebelles d'Alep sont devenus le théâtre d'intenses bombardements depuis mardi. Les besoins humanitaires sont devenus criants, l'aide ne pouvant plus être acheminée.

S'emparer a tout prix de la deuxième ville de Syrie. La force de frappe du régime de Bachar al-Assad, épaulé par son allié russe, est sans précédent à Alep, où les habitants des quartiers rebelles vivent sous un déluge de feu depuis mardi. La reprise des bombardements après la dernière trêve humanitaire semble produire l'effet escompté : la crise s'est aggravée pour les 250.000 civils encore présents sur place.

"Nos dépôts sont vides, nous ne pouvons plus rien distribuer", a affirmé cette semaine Ammar Qadah, le directeur d'al-Cham al-Insaniya. Les volontaires de cette association caritative ont distribué les derniers maigres sacs d'aide. D'habitude, les familles recevaient chacune deux grands cartons, soit assez de nourriture pour tenir un mois. Mais cette fois-ci, elles n'emportent qu'un sac contenant deux bouteilles d'huile, deux kilos de riz, deux kilos de lentilles, deux kilos de sucre et une boîte de mortadelle qui suffit à peine pour une semaine à une famille de cinq personnes.

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Nouveaux bombardements sur Alep, déjà au bord de la famine

"Affamer un quart de million de personnes"

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a de son côté indiqué avoir effectué dimanche sa dernière distribution. Sur le plan médical, la situation ne cesse d'empirer : dans l'est d'Alep, l'hôpital pédiatrique, qui effectue 4.000 consultations par mois, et la Banque du sang, qui produit 1.500 poches de sang pour les hôpitaux, ont été endommagés par des barils explosifs, selon l'ONG Association des docteurs indépendants (ADI).

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    Pour l'ONU, la seule solution serait d'obtenir des trêves plus longues afin d'acheminer l'aide. C'était sans compter la fin de non-recevoir adressée par la Russie. "Les conséquences d'une non-assistance (...) seront si catastrophiques que je ne peux même pas imaginer ce scénario", avait pourtant affirmé Jan Egeland, qui dirige le groupe de travail de l'ONU sur l'aide humanitaire. Ne pas autoriser l'acheminement de l'aide reviendrait selon lui à "affamer" un quart de million de personnes."

    Le responsable a également annoncé que l'ONU avait lancé la semaine dernière "une nouvelle initiative" en 4 points pour Alep-est, qui demande à toutes les parties d'autoriser l'acheminement de l'aide médicale, d'une assistance humanitaire, de permettre l'évacuation d'environ 300 malades et blessés et d'autoriser du personnel médical à entrer dans cette partie de la ville. "Ce dont nous avons besoin, c'est le feu vert de toutes les parties sur le terrain. Nous avons besoin de garanties de sécurité", a souligné Jan Egeland, précisant que vingt camions étaient en attente à la frontière turque.

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