Syrie : trois ans après, le dramatique bilan

Syrie : trois ans après, le dramatique bilan

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GUERRE CIVILE – La Syrie a célébré ce week-end un sanglant anniversaire : les 15 et 16 mars 2011, plusieurs manifestations allaient déclencher une violente répression de la part du régime. Aujourd'hui, la guerre civile qui ravage le pays a fait 146.000 morts et neuf millions de déplacés.

Il y a tout juste trois ans, le peuple syrien se soulevait, donnant lieu à une violente répression menée par le régime de Bachar al-Assad. Aujourd'hui, le pays est en pleine guerre civile et la situation semble dans l'impasse, tant les forces en présence témoignent de défiance les uns envers les autres. Où en est-on ? Que peut espérer l'opposition et quelle est la stabilité du régime ? Metronews fait le point.

Les forces en présence
D'un côté, le régime de Damas, que Bachar al-Assad dirige d'une main de fer. De l'autre, une rébellion disparate, marquée par de profondes dissensions entre une opposition modérée d'un côté, les islamistes et les djihadistes de l'autre, largement majoritaires. Ces derniers ont d'ailleurs tenté de faire émerger un Front islamique, mais des luttes internes ont stoppé leurs velléités. Les modérés de l'Armée syrienne libre ne sont pas mieux lotis, subissant de nombreuses défaites face à l'armée régulière ces derniers mois. Une situation et une absence de dialogue avec le régime qui font dire à de nombreux experts que le conflit peut encore durer des années.

Le régime gagne du terrain
Sur le terrain, grâce à l'aide de son allié libanais du Hezbollah, le rapport de forces a tourné en faveur du régime. L'armée syrienne a pris le contrôle de la totalité de la ville de Yabroud, dernier bastion rebelle dans les montagnes de Qalamoun, à 75 km au nord de Damas, dimanche à l'issue d'une bataille de 48 heures. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), le Hezbollah chiite libanais, expert en guérilla urbaine et qui combat au côté du régime syrien, menait l'opération à Yabroud. Ces derniers mois, l'armée et ses alliés ont réussi à desserrer l'étau autour de Damas où des cessez-le-feu locaux ont apporté un répit à la population. La ville de Homs, symbole de la contestation, n'est plus qu'un champ de ruines et la rébellion y est exangue.

Assad de nouveau candidat ?
Le Parlement a voté, jeudi, une loi ouvrant la voie à la réélection de Bachar al-Assad , en excluant de facto l'opposition en exil de la prochaine présidentielle. Une décision qui torpille les négociations de paix, selon le médiateur international Lakhdar Brahimi. Assad, au pouvoir depuis 14 ans, n'a pas encore officiellement annoncé son intention de briguer un troisième mandat, le 17 juillet prochain, mais il y a de fortes chances qu'il le fasse.

Les victimes, selon les ONG
En tout, le conflit armé a tué plus de 146.000 personnes selon une ONG. Plus de neuf millions de personnes ont été contraintes de fuir le pays, soit la plus importante population de déplacés au monde, selon l'ONU. De plus, au moins un million d'enfants sont privés d'aide humanitaire, selon l'UNICEF. La communauté européenne, à défaut d'entre en conflit avec la Syrie, milite pour que Bachar autorise l'aide humanitaire à intervenir auprès des populations. Selon l'Unicef, le Haut-Commissariat aux Réfugiés et trois ONG, 5,5 millions d'enfants subissent "l'effet dévastateur" du conflit .

Que fait la communauté internationale ?
Outre des velléités d'envoyer de l'aide humanitaire en Syrie, les Occidentaux ont bien tenté de jouer les médiateurs. Mais l'échec des négociations de Genève en janvier et février , qui ont pour la première fois mis face à face des représentants du régime et de l'opposition, semble avoir sonné le glas des espoirs diplomatiques. La France ne s'engagera pas dans un conflit qu'elle ne peut pas régler toute seule, et les Etats-Unis ont été très clairs sur ce point. Quant aux Russes, ils soutiennent ouvertement le régime syrien en lui fournissant des armes. 

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