Syrie : trois choses à savoir sur Raqqa, "la capitale" de l'État islamique reprise par la coalition internationale

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FOCUS - Après plusieurs mois de combats, la coalition internationale a délivré la ville syrienne. L'organisation État islamique (EI) en avait fait la "capitale" de son territoire. LCI vous explique pourquoi cette ville représentait un enjeu crucial.

La fin du "califat" ?  Le groupe Etat islamique (EI) a perdu mardi Raqqa, son principal bastion en Syrie. La conclusion de plusieurs mois de combats dévastateurs avec des forces soutenues par les Etats-Unis. Voici pourquoi la ville de Raqqa représentait un enjeu si crucial.

Un bastion de l'EI

En mars 2013, Raqqa devient la première capitale provinciale à tomber aux mains de groupes de combattants opposés au régime du président syrien Bachar al-Assad. Les insurgés capturent son gouverneur et s'emparent du siège des renseignements militaires, l'un des pires centres de détention dans la province, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).


Début 2014, l'organisation qui allait devenir quelques mois plus tard le groupe État islamique (EI) chasse les autres groupes rebelles présents dans la ville et prend totalement le contrôle de Raqqa.  En août de la même année, l'EI contrôle entièrement la province de Raqqa après la prise de l'aéroport de Tabqa, tenu jusque-là par le régime syrien. Rapidement, le groupe extrémiste sunnite y impose sa loi à travers la terreur mais aussi via à un système de gouvernance assimilable à un État.

Une ville stratégique sur l'Euphrate

La ville de Raqqa est stratégiquement située dans la vallée de l'Euphrate en Syrie, à un carrefour d'axes routiers.  Proche de la frontière avec la Turquie, la ville se trouve à 160 km à l'est  d'Alep et à moins de 200 km de la frontière irakienne. Raison pour laquelle l'EI a ciblé cette ville, à en croire le secrétaire d'État adjoint américain, Anthony Blinken : "Raqqa, c'est la vraie capitale" de l'EI, affirmait-il mi-octobre 2016, peu après le début des opérations  militaires pour reprendre Mossoul, bastion du groupe jihadiste en Irak. "C'est de cette ville que Daech planifie les attaques extérieures",  avit-il ajouté.  Avant le début du conflit syrien en 2011, Raqqa comptait 240.000 habitants.

Haut lieu d’exécutions

En centre-ville, le rond-point Paradis est rebaptisé "rond-point de  l'enfer" en raison des horribles exécutions qui y étaient menées par les  djihadistes : des têtes décapitées ou des corps crucifiés y étaient régulièrement exposés pendant des jours, une façon pour l'EI de décourager toute velléité de dissidence. C'est aussi sur une place de la ville qu'étaient vendues des esclaves  sexuelles, notamment membres de la communauté yézidie, une minorité kurdophone considérée comme hérétique par l'EI.


Selon des témoignages recueillis auprès de militants, comme ceux du groupe "Raqqa is being Slaughtered Silently" (Raqqa est massacrée en silence), les jihadistes interdisaient la cigarette, contraignaient les hommes à porter la barbe et les femmes le niqab, ces voiles noirs qui les couvrent de la tête aux pieds.


De nouveaux programmes scolaires étaient aussi entrés en vigueur. Des tests de charia, la loi islamique, ont été imposés dans certaines professions, notamment pour les médecins, les enseignants ou les chauffeurs de taxi. Les débits de boissons ont été interdits, tout comme les mannequins dans les  magasins, où hommes et femmes n'avaient pas le droit de faire les courses ensemble sauf s'ils sont mariés. Selon les services de renseignement occidentaux, Raqqa était une des villes  syriennes vers lesquelles des jihadistes étrangers avaient beaucoup afflué.

En vidéo

Après Mossoul, la bataille pour reprendre Raqqa, la capitale de l'État Islamique, a commencé

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