Syrie, Trump, Clinton : en Russie, on croit déjà à la Troisième Guerre mondiale

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INTERNATIONAL - Tandis que les médias russes diffusent des informations et reportages relatifs à une éventuelle Troisième Guerre mondiale, un député russe proche du pouvoir a affirmé que le seul candidat américain capable de désamorcer les tensions avec les Etats-Unis était Donald Trump.

Si en France nous sommes loin d’imaginer une Troisième Guerre mondiale, quiconque écoute les informations russes peut penser qu’elle a déjà commencé. Entre le présentateur de l'émission phare du dimanche soir qui annonce que les batteries antiaériennes russes en Syrie vont "abattre" les avions américains, la chaîne Rossia 24 qui diffuse un reportage sur la préparation des abris antinucléaires à Moscou et le site d'informations Fontanka qui avance que le gouverneur de Saint-Pétersbourg veut rationner le pain pour une future guerre, la population russe n’a plus qu’à dévaliser les étalages des supermarchés et se barricader. Le tout pendant que le reste de la planète vaque tranquillement à ses occupations. 

En cause ? La rupture des relations entre Moscou et Washington le 3 octobre, sur le dossier brûlant de la Syrie et, dans la foulée, l’intensification des bombardements russes et syriens sur Alep. "Un enfer sur terre", selon l’Onu. "Des crimes de guerre", selon François Hollande. Mais plutôt que de prendre les inquiétudes de la communauté internationale en considération, Moscou se veut provocatrice. 

Le porte-parole de l'armée russe, le général Igor Konachenkov, a mis en garde la Maison Blanche et le Pentagone le 6 octobre : "Je rappelle aux stratèges américains que les missiles antiaériens S-300 et S-400 qui assurent la couverture aérienne des bases russes de Hmeimim et de Tartous ont un rayon d'action qui pourrait bien surprendre n'importe quel aéronef non identifié". En somme, si les Américains et les Russes avaient affirmé qu’ils resteraient partiellement en contact pour que leurs avions respectifs n’entrent pas en collision dans le ciel syrien, force est de constater que leur relation n’en est pas plus cordiale. 

Trump ou la guerre

Mais les déclarations sur une éventuelle Troisième Guerre mondiale ne se limitent pas aux médias ou à l'armée. Ils s'invitent aussi dans l'arène politique. A en croire le député russe Vladimir Jirinovski, une guerre avec les Etats-Unis semble même probable si Hillary Clinton était élue à la tête du pays en novembre. Dans une interview accordée à Reuters, ce dernier a affirmé que Donald Trump était la seule personne capable de désamorcer les tensions entre Moscou et Washington. 

Comme le souligne l’agence de presse, si Vladimir Jirinovski est perçu comme une "grande gueule", il n’en reste pas moins fidèle à la politique du Kremlin et balance souvent des idées radicales pour les tester sur l’opinion publique.  "Les Américains vont élire un nouveau président le 8 novembre, et doivent se rendre compte que s’ils veulent la paix sur Terre, ils doivent voter pour Trump. Mais s'ils votent pour Hillary, ce sera la guerre. Ce sera Hiroshima et Nagasaki partout". 

VIDÉO - Retrouvez l'interview du député

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Selon un responsable russe, "Si Hillary Clinton est élue, ce sera la guerre"

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    Aussi surprenant que cela puisse paraître, le député russe estime que Donald Trump est donc le candidat idéal pour empêcher les relations américo-russes de dégénérer. Et pour cause : les deux hommes se ressemblent. Si l’un prône la construction d’un mur anti-migrant à la frontière mexicaine, l’autre a proposé d’ériger une clôture de barbelés dans le sud de la Russie pour repousser les musulmans. Tous deux sont crus, patriotes et misogynes.  

    De son côté, Poutine ne se fait pas prier pour trouver Trump "très talentueux", tandis que ce dernier avait assuré que le chef d’Etat russe était plus compétent qu’Obama, "un vrai leader". Le candidat républicain avait également affirmé en 2014 que s’il était président, les Etats-Unis mèneraient une politique étrangère plus isolationniste. De quoi ravir Moscou. "Trump ne se soucie pas de la Syrie, la Libye et l’Irak. Pourquoi l’Amérique devrait-elle s’investir dans tous ces pays ? Et l’Ukraine ? Qui a besoin de l’Ukraine ?" a enchaîné Jirinovski, lui-même ancien proche de Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi. De quoi faire penser aux Américains qu'ils ont le choix entre la peste et le choléra.

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