Syrie : affrontements près de Damas malgré le cessez-le-feu

TRÊVE - Vendredi matin, quelques heures après sa mise en place, le cessez-le-feu entre l’armée et l’opposition syrienne était globalement respecté. Néanmoins, des affrontements ont été signalés à la mi-journée près de la capitale, Damas.

Il est entré en vigueur à minuit dans la nuit de jeudi à vendredi. Le cessez-le-feu conclu entre l’armée et l’opposition syrienne, en proie à une guerre civile depuis six ans, était globalement respecté ce vendredi 30 décembre au matin. Mais à la mi-journée, des affrontements ont été signalés près de Damas par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ils opposent l'armée syrienne à des groupes rebelles mais l'origine de ces heurts n'est pas encore connue.


Un peu plus tôt, dans la nuit de jeudi à vendredi, des accrochages avaient également été signalés dans la province de Hama, dans le nord du pays, moins de deux heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. L'OSDH remarquait alors que le cessez-le-feu était malgré tout globalement respecté. "Le cessez-le-feu est respecté dans la plupart des régions de Syrie mais des factions islamistes ont attaqué des positions du régime près de la ville chrétienne de Mahrada", a indiqué Abdel Rahman, chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Selon lui, "des petits groupes rebelles et des forces loyalistes cherchent à détruire la trêve".

Quand même une "violation" ?

D'autres affrontements ont éclaté et se poursuivent près de deux villages de la région de Wadi Barada et s'accompagnent de frappes aériennes menées par des hélicoptères contre des positions de groupes rebelles et de Fateh al-Cham", l'ex-branche syrienne d'al-Qaïda appelé autrefois Front al-Nosra, selon le directeur de l'OSDH.


"Ces affrontements constituent une violation du cessez-le-feu", a-t-il souligné. Il faut dire que la région de Wadi Barada mais aussi d'Aïn al-Fijé, située à 15 km au nord-ouest de la capitale, constituent la principale source d'eau pour Damas. Depuis près d'une semaine, la capitale est d'ailleurs privée d'eau courante, le régime ayant accusé les rebelles d'avoir "contaminé au diesel" l'eau qui arrive à Damas.

Bientôt des négociations de paix

L'accord dévoilé jeudi doit précéder l'ouverture de négociations de paix, dirigées par la Russie et la Turquie mais sans les Etats-Unis. 


Alors qu'il n'implique pas ceux que les parties désignent comme "terroristes" - tel le groupe Etat islamique - le cessez-le-feu avait été annoncé jeudi par le président russe Vladimir Poutine et confirmé par l'armée syrienne et la Coalition nationale syrienne (CNS), principale composante de l'opposition en exil.

Une "opportunité historique"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays soutient les rebelles, a qualifié cet accord d'"opportunité historique" pour mettre fin à la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011.


Cette guerre, qualifiée de "cancer à l'échelle mondiale" par le futur patron de l'ONU Antonio Guterres, a fait plus de 310.000 morts et des millions de réfugiés. Le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a lui aussi estimé que le cessez-le-feu offrait une "véritable opportunité" pour trouver "une solution politique" au conflit.


L'annonce de trêve intervient une semaine après la reprise totale de la ville d'Alep (nord) par le régime du président Bachar al-Assad, sa plus importante victoire depuis 2011, obtenue avec le soutien de ses alliés indéfectibles, Iran et Russie.

Les Etats-Unis hors-jeu

Après plusieurs rencontres en Turquie entre émissaires russes et représentants rebelles soutenus par Ankara, Vladimir Poutine a annoncé l'entrée en vigueur de cette trêve jeudi. "Trois documents ont été signés : un premier entre le gouvernement et l'opposition armée sur un cessez-le-feu sur l'ensemble du territoire syrien", et le deuxième sur des mesures visant à contrôler le respect de la trêve, a-t-il indiqué. Le troisième est une déclaration sur la volonté des parties en conflit de lancer des négociations de paix", a-t-il poursuivi.

Depuis le début de la guerre en mars 2011, plusieurs cessez-le-feu négociés par Washington et Moscou ont rapidement volé en éclats. Les Etats-Unis, jusque-là en désaccord continu avec la Russie sur le conflit syrien (aussi désormais englués dans un conflit diplomatique) et qui attendent l'arrivée prochaine à la Maison Blanche de Donald Trump, ont été écartés de ces négociations. Ils ont malgré tout salué "une évolution positive".

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