Syrie : une attaque chimique fait au moins 58 morts, l'usage du gaz sarin évoqué

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CONFLIT - L'opposition syrienne a accusé mardi le régime de Bachar al-Assad d'avoir mené une attaque "chimique" qui a fait au moins 58 morts dans un fief rebelle et jihadiste du nord-ouest du pays. La France demande une réunion d'urgence du Conseil de sécurité.

Au moins 58 morts. C'est le bilan ce mardi à Khan Cheikhoun, un fief rebelle et djihadiste du nord-ouest de la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). En cause ? Une attaque "chimique", a indiqué l'OSDH. Reste à définir la nature du composant chimique utilisé, plusieurs sources évoquant un recours par le régime à du gaz sarin.


Des sources médicales dans la ville ont fait état d'évanouissements, de vomissements et de présence de mousse dans la bouche des victimes, a affirmé l'OSDH. Des photos de militants montrent des Casques Blancs, les secouristes en zone rebelle, asperger d'eau des blessés. Au moins 11 enfants figurent parmi les personnes tuées dans le raid, a précisé l'OSDH. 

L'hôpital bombardé

La Coalition nationale, importante composante de l'opposition syrienne, a accusé le "régime du criminel Bachar" d'avoir mené ce raid avec des "obus contenant du gaz chimique".  A la mi-journée, la France a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'Onu pour aborder le sujet.


Et ce d'autant plus que l'hôpital traitant les blessés a été bombardé, provoquant des destructions importantes dans l'établissement, a constaté le correspondant de l'AFP sur place.

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"Crime horrible"

La coalition a également affirmé que "le crime horrible" rappelait l'attaque perpétrée à l'été 2013 dans la Ghouta orientale, près de Damas, qu'elle avait imputée au régime et que la communauté internationale "a laissé impunie". En août 2013, le régime avait en effet été accusé d'avoir utilisé du gaz sarin dans une attaque dans deux secteurs rebelles près de Damas qui avait fait 1.400 morts, selon Washington. En septembre de la même année, un accord russo-américain sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien avait écarté in extremis la menace de frappes américaines contre le régime.


Le gouvernement syrien, lui, dément utiliser des armes chimiques dans une guerre qui a déjà fait plus de 320.000 morts depuis mars 2011. Il a d'ailleurs ratifié la Convention sur l'interdiction des armes chimiques en 2013. Seulement voilà : en octobre 2016, le Conseil de sécurité avait reçu un rapport concluant que l'armée syrienne avait mené une attaque à l'arme chimique, sans doute du chlore, à Qmenas, dans la province d'Idleb, le 16 mars 2015. Dans un précédent rapport, la commission d'enquête, baptisée Joint Investigative Mechanism (JIM), avait également conclu que des hélicoptères militaires avaient répandu du gaz de chlore sur au moins deux localités de la province d'Idleb, à Talmenes le 21 avril 2014 et Sarmine le 16 mars 2015. 

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