Syrie : des cas de suffocation après une attaque au chlore à Alep, Macron "condamne l'utilisation d'armes chimiques"

International
DirectLCI
CONFLIT - Le pouvoir syrien a accusé des groupes "terroristes" d'avoir mené une attaque chimique dans la ville d'Alep, un drame qui a provoqué une centaine de cas de suffocation et entraîné des raids de représailles dimanche de l'allié russe. Le président français Emmanuel Macron a "condamné l'utilisation d'armes chimiques".

Une centaine de cas de suffocation ont été rapportés après une attaque aux "gaz toxiques" en Syrie, dans la métropole d'Alep, tenue par Damas. Citant des "sources médicales", l'agence officielle Sana a fait état dans la nuit de samedi à dimanche "107 cas de suffocation".  L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a lui parlé de "94 cas de suffocation", la majorité des patients ayant pu quitter l'hôpital. Le pouvoir syrien a accusé des groupes "terroristes", évoquant un possible recours au "gaz de chlore". Le Front national de libération, une importante coalition rebelle, a démenti toute implication dans cette attaque.


"Nous démentons les allégations mensongères du régime sur une attaque contre Alep qui aurait été menée par les révolutionnaires (...) à l'aide de projectiles contenant du gaz de chlore", a indiqué dans un communiqué le porte-parole de la coalition Naji Moustapha. "Seul le régime criminel et son gang possèdent (ces armes) et les utilisent en Syrie". Les groupes djihadistes présents dans le secteur, dont l'organisation Hayat Tahrir al-Cham et le groupuscule Houras al-Din, liés à Al-Qaïda, n'ont pas réagi. Dans un pays ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 360.000 morts, c'est le pouvoir de Bachar al-Assad qui a été le plus souvent accusé d'avoir utilisé l'arme chimique lors d'attaques souvent meurtrières.

Des frappes aériennes russes en représailles

En représailles, "des frappes ont été menées par des avions de l'armée russe" contre des positions de "terroristes", selon le ministère de la Défense russe Igor Konachenkov cité par l'agence russe TASS. "Toutes les cibles ont été détruites". Ces raids, les premiers en plus de deux mois, ont visé des territoires contrôlés par les djihadistes et les rebelles près de la ville d'Alep. 


Ils interviennent malgré un accord dévoilé en septembre par la Russie, allié du régime de Damas, et la Turquie, parrain traditionnel des rebelles, visant à mettre en place une trêve et à créer une "zone démilitarisée" qui doit séparer les territoires insurgés des régions gouvernementales dans les provinces voisines d'Alep et d'Idleb, au nord-ouest de de la Syrie. Le ministre turc de la Défense et son homologue russe se sont d'ailleurs entretenus dimanche au téléphone, "évoquant les dernières provocations qui (...) visent à nuire à l'accord", a indiqué Ankara dans un communiqué, sans fournir plus de détails.

Macron réclame plus d'informations

Interrogé sur l'attaque chimique à Alep, le président français Emmanuel Macron a répondu que la France ne disposait pas "d'informations claires et suffisantes pour faire un commentaire". "La France condamne évidemment l'utilisation d'armes chimiques (...) et je souhaite que ceux qui diffusent ces informations sur cette possible utilisation d'armes chimiques partagent leurs informations, en particulier avec l'agence internationale à La Haye pour pouvoir identifier cette utilisation et l'attribuer", a ajouté le chef de l'État lors d'une conférence de presse à l'issue d'un sommet européen spécial sur le Brexit, à Bruxelles.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter