Syrien refoulé par l'Europe, il choisit la guerre plutôt que l'exil

Syrien refoulé par l'Europe, il choisit la guerre plutôt que l'exil

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TEMOIGNAGE - Jusqu'à il y a peu encore, Adam rêvait d'Europe. Avant que le visa étudiant de ce jeune Syrien ne lui soit refusé. De retour dans son pays où il envisage de prendre les armes, il raconte sa situation à metronews.

Adam* a toujours été opposé au régime de Bachar al-Assad . Mais jusqu'à récemment, cet étudiant syrien de 25 ans s'était toujours refusé à prendre les armes. Aujourd'hui, trois ans après le début de la rébellion, il songe pourtant comme d'autres jeunes compatriotes à rejoindre les rangs de l'opposition armée.

Un changement radical, alors que ce jeune issu d'une famille aisée se préparait à un tout autre avenir. Accepté dans une université espagnole avant même le début de la guerre, il est arrivé en 2012 à Beyrouth pour récupérer son visa d'étudiant. "Je pensais ne rester que quelques semaines au Liban. J'y ai passé un an dans l'attente d'un départ", explique-t-il à metronews. Mais à plusieurs reprises, ses demandes de visa ont été rejetées par l'Espagne. Des refus qu'il n'a pas digérés : "Je suis trilingue, j'ai un master, j'avais tous les papiers et les moyens de payer mes études. Je ne demandais ni asile, ni aide financière. Je voulais passer deux ans en Europe, puis faire le tour du monde".

"J'ai rencontré plusieurs brigades rebelles"

Rempli de désillusions, Adam est donc retourné à Damas. "J'ai perdu mes rêves, mes espoirs, et le danger m'importe peu", confie-t-il, envisageant désormais de s'engager dans ce conflit qui lui a déjà tant coûté. "J'ai rencontré plusieurs brigades rebelles. Peut-être vais-je finir par me battre". La conférence qui doit s'ouvrir ce mercredi à Genève ? "Elle ne changera rien, comme la dernière n'a rien changé. L'Occident n'aidera jamais le peuple syrien". Cette amertume, le jeune homme la partage avec ses amis : "Plusieurs d'entre eux ont perdu leur famille, leur maison, leurs ambitions". Diplômés en droit, ingénierie ou médecine, ils ont multiplié en vain les demandes d'accueil en Europe. Certains ont alors rejoint des groupes armés, parfois parmi les plus radicaux.

Cette montée de l’islamisme dans son pays, Adam ne la voit pas d’un bon œil : "L’extrémisme sous toutes ses formes, et encore plus chez les jeunes qui se tournent vers le djihad, m'effraie". Mais devenu fataliste, il comprend leur engagement : "On est une génération perdue et l’Occident ne nous aide pas. A la longue, ces jeunes vont devenir des kamikazes qui ne s'exprimeront que par des explosifs. A ce stade de la guerre, même Gandhi pourrait devenir un terroriste".

*Le prénom a été modifié

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