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REACTION – Patricia Correia a perdu sa fille Précilia, 35 ans, le 13 novembre dans l'attaque du Bataclan. Ce mardi, cinq jours après l'arrestation de Salah Abdeslam, et alors que plusieurs attentats viennent d'endeuiller Bruxelles, elle réagit, très émue.

"Je l'avais prédit dès vendredi, quand ils ont eu cette ordure de Salah Abdeslam. Je savais que ses complices allaient se venger." Ce mardi matin, quelques instants après les attentats qui viennent de frapper Bruxelles, Patricia Correia livre ce commentaire à metronews. Partie à Lisbonne samedi, au lendemain de l'arrestation de l'homme le plus recherché d'Europe, elle ne cache pas son émotion au bout du fil.

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Cette maman a perdu sa fille unique, Précilia, 35 ans, dans l'attaque perpétrée au Bataclan, le 13 novembre dernier. Depuis, elle attend des réponses. Elle sait que personne n'est à l'abri, et que les attaques qui ont endeuillé Paris n'ont été que la suite du drame de Charlie Hebdo, et le début sans doute et malheureusement d'une longue série.

"La menace est omniprésente"

"Il y a eu le Mali, la Tunisie, la Turquie. Maintenant, c'est Bruxelles, avec des attaques à l'aéroport et le métro. La menace est partout et omniprésente. A Paris, comme ailleurs. Nous en avons la triste preuve aujourd'hui. Il y a plein de gens qui meurent, il y a de nombreux blessés à vie. Comment peut-on faire ça ?" se demande Patricia Correia.

Elle précise qu'elle et d'autres victimes de l'association 13onze15 ont vu le préfet de police Michel Cadot à l'occasion d'une réunion le 14 mars dernier. "Je lui ai dit : 'Nous sommes sur une poudrière, ils veulent nous anéantir'. Nous sommes en sécurité nulle part. Ces mecs-là, ils passent partout, ils font ce qu'ils veulent… Nous ne sommes pas prêts à combattre apparemment",  regrette-t-elle.

"Abdeslam doit parler"

Les attaques du 13 novembre ont fait 130 morts et 351 blessés, dont une vingtaine est toujours hospitalisée. Les rescapés et leurs proches, les familles des personnes décédées espèrent, encore plus que les citoyens indirectement touchés par ces tragédies, un jour "avoir la vérité sur ce qu'il s'est passé". Ceux qui se sont exprimés depuis vendredi ont tous d'ailleurs fait part de leur satisfaction après l'interpellation de Salah Abdeslam, arrêté vivant.

Quelles questions aimeraient lui poser Patricia Correia si elle l'avait en face d'elle ?  "Je veux savoir pourquoi il a fait ça. Je veux savoir qui a commandité ces attaques. Je veux savoir pourquoi ma fille comme 129 autres personnes sont mortes. Je veux savoir pourquoi aujourd'hui, de l'autre côté de la frontière, au moins 21 personnes ont perdu la vie" fait savoir Patricia Correia.

Qu'il soit transféré en France ou qu'il reste à Bruxelles, Patricia Correia attend des explications du terroriste présumé. "Il faut qu'Abdeslam parle. Son avocat doit le convaincre de parler. Sinon il y aura d'autres morts. C'est une des rares personnes qui sait des choses et qui peut peut-être éviter qu'il y ait encore des morts", conclut la maman endeuillée.

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