TÉMOIGNAGE - "Les Afghans se sentent abandonnés et trahis", relate la journaliste Ghazal Golshiri, de retour de Kaboul

Afghanistan : Une journaliste du monde, de retour d'Afghanistan, témoigne

TÉMOIGNAGE - Tout juste rentrée d'Afghanistan, la journaliste du Monde Ghazal Golshiri fait le point pour LCI sur la situation à Kaboul. Très émue, elle revient aussi sur le désespoir de la population locale.

Des mots sur l'insoutenable. Tout juste rentrée d'Afghanistan, Ghazal Golshiri s'est dite "très bouleversée" par la prise de pouvoir des talibans. "J'ai le cœur brisé pour tous les Afghans qui se sentent aujourd'hui abandonnés et trahis", explique la journaliste du Monde, visiblement très émue. "J'ai rencontré beaucoup de jeunes qui ont grandi après la chute des talibans en 2001. L'occident leur a donné de l'espoir. En l'espace de quelques mois, ils ont été privés de ces espoirs" s'étrangle-t-elle, fustigeant "20 ans de guerre pour rien""Je pense que la responsabilité est partagée entre les Américains et l'État afghan, profondément corrompu et incompétent. L'ancien gouvernement de Kaboul n'a pas été à la hauteur", critique-t-elle vigoureusement. "Il aurait dû s'appuyer sur la société civile locale".

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"On pensait que les Américains allaient se battre"

Évacuée avec d'autres ressortissants français ce week-end, la journaliste a "vu les tensions monter". "Il y avait des files interminables devant les banques et les distributeurs. Les gens voulaient retirer tous leurs avoirs". "Il y avait aussi une queue très longue à l'entrée de l'aéroport. De nombreuses familles se disaient au revoir, peut-être pour la dernière fois. Les employés de l'aéroport étaient très, très inquiets. L'un d'entre eux pleurait, souffle-t-elle. Au-delà du choc, c'est surtout la rapidité qui a pris de court tout le monde, estime Ghazal Golshiri. "L'avancée éclaire des talibans nous a tous surpris. On s'attendait notamment qu'il y ait plus de résistance à Kaboul. On pensait que l'ancien gouvernement se concentrait sur la garde de la capitale et que les Américains allaient se battre", explique-t-elle. "À quelques jours de l'anniversaire du 11 septembre, le symbole est catastrophique", assène la correspondante. 

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Avec le retour des talibans au pouvoir, ce sont toutes les femmes qui doivent désormais retourner dans l'ombre. "Il y a quelques minutes, j'étais au téléphone avec une entrepreneuse afghane qui venait tout juste d'ouvrir une boutique de vêtements féminins. Elle m'a dit qu'elle changeait de domicile toutes les quatre heures", décrit avec tristesse la journaliste sur les ondes de LCI. "Pendant 20 ans, on vous donne de l'espoir. Les femmes deviennent entrepreneuses, journalistes, étudient". Puis tout est brisé en quelques mois, en quelques jours. "Ce n'était pas juste la classe moyenne ou aisée de l'Afghanistan qui aspirait et aspire à plus de liberté, c'est toute la population". Et aujourd'hui ce n'est plus d'actualité, conclut Ghazal Golshiri. 

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