Attaque de l'ambassade américaine à Bagdad : ce qu'il faut savoir de l'escalade entre les Etats-Unis et l'Iran

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Iran - Etats-Unis : l'inquiétante escalade

TENSIONS - Le Hachd, coalition de paramilitaires pro-Iran, a demandé ce mercredi à ses partisans de se retirer du secteur de l'ambassade américaine à Bagdad, après plusieurs jours de manifestations violentes qui ont suscité une escalade entre les Etats-Unis et l'Iran. Une crise déclenchée vendredi dernier par une attaque à la roquette contre une base militaire irakienne.

Un appel au calme très relatif après plusieurs jours de manifestations qui ont ravivé les vives tensions entre les Etats-Unis et l'Iran. Le Hachd Al-Chaabi, coalition de paramilitaires irakiens dominée par des factions pro-Iran, dont les brigades du Hezbollah, a ordonné mercredi matin à ses partisans de se retirer de la "zone verte", secteur de l'ambassade américaine à Bagdad en principe filtré par les forces irakiennes. Bien que cet ordre ait été immédiatement contredit par l'un des groupes de cette coalition, les protestataires avaient quitté les abords de l'ambassade mercredi après-midi. 

Cette situation a provoqué un nouveau conflit ouvert entre l'Iran et les Etats-Unis. Le guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, a condamné mercredi "la malveillance des Etats-Unis", qui ont mené des frappes de représailles dimanche en Irak, tandis que le président américain Donald Trump dénonçait mardi l'influence iranienne dans l'attaque de l'ambassade américaine et annonçait de nouveaux renforts de troupes. Retour sur ces événements à l'origine de l'escalade entre les deux pays. 

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Des frappes en représailles après l'attaque d'une base

La coalition antidjihadiste menée par les Etats-Unis a annoncé vendredi 27 décembre qu'une attaque à la roquette avait visé une base militaire irakienne à Kirkouk. Une trentaine de roquettes auraient été tirées, touchant notamment un dépôt de munitions. Un sous-traitant américain a été tué par ces tirs, qui ont également blessé plusieurs militaires américains ainsi que des membres du personnel irakien. Depuis fin octobre, 12 attaques de ce type ont été perpétrées. Si elles n'ont pas été revendiquées, les Etats-Unis ont accusé les factions pro-Iran qui agissent en Irak.  

Dimanche 29 décembre, l'armée américaine a annoncé avoir frappé cinq bases, en Irak et en Syrie, des brigades du Hezbollah, proche du Hezbollah pro-iranien. Ces frappes menées par des F-15 avaient pour objectif "d'affaiblir les capacités [du groupe armé] à mener de futures attaques contre les forces de la coalition". Elles ont fait au moins 25 morts et 51 blessés, selon un bilan communiqué par le Hachd. Quelques heures plus tard, quatre nouvelles roquettes se sont abattues sur une base abritant des soldats américains près de Bagdad, sans faire de victime. 

L'Iran a dénoncé lundi une atteinte "à l'indépendance et à la souveraineté" de l'Irak, rappelant en outre le rôle du Hachd dans la lutte contre l'Etat islamique. Les autorités irakiennes, déjà affaiblies par une révolte populaire débutée en octobre et inquiètes de voir leur territoire se transformer en terrain d'affrontement entre les Etats-Unis et l'Iran, ont jugé de leur côté que les frappes américaines "contreviennent aux règles d'engagement de la coalition" et que le gouvernement irakien devrait "revoir ses relations" avec les Etats-Unis. Ces derniers ont répondu en indiquant avoir demandé à plusieurs reprises aux forces irakiennes de protéger les intérêts américains contre ces attaques sur leur sol. 

L'ambassade américaine prise pour cible

Mardi, des milliers de manifestants irakiens partisans des paramilitaires pro-iraniens ont attaqué l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad pour dénoncer les frappes américaines. Alors qu'ils accompagnaient le cortège funéraire des 25 combattants des brigades du Hezbollah, ces partisans ont pénétré dans la "zone verte" ultra-sécurisée sans être stoppés par les forces irakiennes. Ils ont investi le vestibule de l'ambassade, brûlé des installations de sécurité à l'extérieur, jeté des pierres sur les tourelles des gardes et couvert les vitres blindées avec des drapeaux du Hachd. De l'intérieur de l'ambassade, les forces américaines ont tiré en l'air à balles réelles avant de disperser les manifestants avec des grenades lacrymogènes et assourdissantes. Selon le Hachd, cette riposte aurait fait 62 blessés. 

Malgré les appels du Premier ministre démissionnaire irakien Adel Abdel Mahdi à quitter la "zone verte" et le déploiement des forces spéciales irakiennes autour de l'ambassade, des manifestants ont décidé d'un sit-in illimité, installant des tentes et affichant des messages hostiles aux Etats-Unis. Le ministre américain de la Défense Mark Esper a annoncé l'envoi de Marines en renfort pour protéger l'ambassade. 

Le ton monte entre les Etats-Unis et l'Iran

Le président américain Donald Trump a accusé mardi l'Iran d'avoir "orchestré" l'attaque de l'ambassade américaine. "Ils seront tenus pour pleinement responsables", a-t-il déclaré sur Twitter. Il a ajouté attendre de l'Irak "qu'il utilise ses forces pour protéger l'ambassade". "L’attaque a été orchestrée par des terroristes et soutenue par des alliés de l’Iran", a également assuré le secrétaire d’Etat Mike Pompeo, joignant des photographies en guise de preuve. 

Donald Trump, tout en menaçant ouvertement l'Iran, semblait exclure l'hypothèse d'un conflit armé entre les deux pays. Le Pentagone a annoncé par la suite l'envoi "d'environ 750 soldats supplémentaires" au Moyen-Orient, "en réponse aux événements récents en Irak". 

Les autorités iraniennes ont dénoncé de leur côté "l'audace" des Etats-Unis qui "attribuent à la République islamique d'Iran les manifestations du peuple irakien contre leurs actes cruels". "Le gouvernement, la nation iranienne et moi condamnons avec force la malveillance des Etats-Unis", a également déclaré, mercredi, l'ayatollah Ali Khamenei. 

La France, par la voix de la ministre des Armées Florence Parly, a condamné mercredi "les attaques perpétrées contre les emprises de la coalition internationale en Irak et les tentatives d'intrusion dans l'enceinte de l'ambassade américaine", exprimant "toute sa solidarité aux Etats-Unis". 

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