Frappes américaines à l'aéroport de Bagdad : le puissant général iranien Qassem Soleimani tué, ce qu'il faut savoir

Frappes américaines à l'aéroport de Bagdad : le puissant général iranien Qassem Soleimani tué, ce qu'il faut savoir
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Iran - Etats-Unis : l'inquiétante escalade

TENSIONS - Le puissant général Qassem Soleimani, haut dignitaire en charge des opérations en Irak et en Syrie pour la République islamique d'Iran, a été tué dans le bombardement de l'aéroport de Bagdad. Des frappes menées par les Etats-Unis, trois jours après  l'attaque inédite contre l'ambassade américaine de la capitale du pays des deux fleuves. L'ex-chef des Gardiens de la révolution appelle à la "vengeance" contre les Washington.

Au moins neuf personnes ont été tuées dans la nuit de jeudi à vendredi lors du bombardement d'un convoi à l'aéroport de Bagdad, en Irak. Parmi les victimes, le général iranien Qassem Soleimani, haut dignitaire du régime en charge des opérations en Irak et en Syrie. Des frappes menées par Washington qui laissent craindre un embrasement dans la région, alors que les tensions sont d'ores et déjà au plus haut entre Etats-Unis et Irak.

Que s'est-il passé ?

Dans la nuit de jeudi à vendredi, trois roquettes se sont abattues sur l'aéroport international de Bagdad près de la salle de fret aérien, faisant exploser deux voitures. Bilan : au moins neuf morts dont l'Iranien Qassem Soleimani, un important général du régime, émissaire de Téhéran pour les affaires irakiennes, mais aussi Abou Mehdi al-Mouhandis, le numéro deux du Hachd al-Chaabi, puissante coalition de paramilitaires majoritairement pro-Iran intégrée à l'Etat irakien. 

Peu après, le Pentagone a confirmé que l'ordre venait bien de Donald Trump. "Sur ordre du président, l'armée américaine a pris des mesures défensives décisives pour protéger le personnel américain à l'étranger en tuant Qassem Soleimani", a indiqué le ministère américain de la Défense dans un communiqué. De son côté, Donald Trump a tweeté un drapeau américain, sans aucun message. 

Côté opposition, le chef démocrate de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants a déploré que Donald Trump n'ait pas notifié le Congrès américain du raid mené en Irak. "Cette frappe a eu lieu sans notification ni consultation avec le Congrès", a écrit dans un communiqué Eliot Engel. "Mener une action de cette gravité sans impliquer le Congrès soulève de graves problèmes légaux et constitue un affront aux pouvoirs du Congrès", a poursuivi l'élu de New York. 

Qui était Qassem Soleimani ?

Chef de la Force Qods des Gardiens de la révolution, il était chargé des opérations extérieures de la République islamique d'Iran. Cet homme de 62 ans a joué un rôle important dans le combat contre les forces djihadistes. Il est aussi l'homme clé de l'influence iranienne au Moyen-Orient où il a renforcé le poids diplomatique de Téhéran, notamment en Irak et en Syrie, deux pays où les Etats-Unis sont engagés militairement.

L'homme a déployé sa ruse dans l'Irak voisin. A chaque développement politique ou militaire dans ce pays, il a fait le déplacement, pour agir en coulisses et, surtout, en amont. Percée du groupe Etat islamique (EI), référendum d'indépendance au Kurdistan ou aujourd'hui formation d'un gouvernement... A chaque fois, il a rencontré les différentes parties irakiennes et défini la ligne à tenir, affirment différentes sources qui ont assisté à ces réunions, toujours tenues dans le plus grand secret.

Son influence était ancienne puisqu'il dirigeait déjà la Force Qods lorsque les Etats-Unis ont envahi l'Afghanistan en 2001. A l'étranger, certains dirigeants occidentaux le voient comme un personnage central dans les relations de Téhéran avec des groupes comme le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien. 

Quelles conséquences et réactions ?

La nouvelle a déjà fait bondir de plus de 4% les cours du pétrole. L'or noir iranien est déjà sous le coup de sanctions américaines et la montée en puissance de l'influence de Téhéran en Irak, deuxième producteur de l'Opep, fait redouter aux experts un isolement diplomatique et des sanctions politiques et économiques.

Quant aux Gardiens de la révolution, ils confirment la mort "d'un martyr" et convoque une réunion d'urgence du Conseil de sécurité nationale. L'ex-chef des Gardiens de la révolution appelle à la "vengeance" contre les Etats-Unis. "Soleimani a rejoint nos frères martyrs mais notre revanche sur l'Amérique sera terrible". De son côté, le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, parle "d'une escalade stupide". 

En Irak, sur la place Tahrir à Bagdad, des d'habitants sont descendus dans la rue, chantant et dansant, selon un photographe de l'AFP présent sur place. Des scènes de joies confirmées par des images diffusées par le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, sur Twitter. 

"Qassem Soleimani, la victoire divine est arrivée", scandaient ces manifestants. "C'est Dieu qui a vengé le sang des martyrs", a affirmé à l'agence de presse française un protestataire, alors que la révolte a été marquée plusieurs centaines de morts et 25.000 blessés.

Quelle est la situation en Irak ?

L'Irak est pris en étau entre ses alliés américain et iranien depuis des années. Ces dernières semaines, le pays a été le théâtre d'une escalade. Une dizaine d'attaques à la roquette ont visé depuis fin octobre des soldats et des diplomates américains, tuant il y a une semaine un sous-traitant américain. Dimanche soir, Washington a répondu en bombardant des bases de l'une d'elles près de la frontière syrienne, faisant 25 morts. 

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Et mardi, l'ambassade américaine a été la cible de manifestants pro-iraniens. Un épisode qui s'est terminé mercredi avec le retrait de ces hommes de l'ultra-sécurisée Zone verte de Bagdad où se trouve l'ambassade, sur ordre du Hachd.

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