Malgré leur perte de vitesse, Daech et Al Qaïda restent redoutables, selon un rapport de l'ONU

Malgré leur perte de vitesse, Daech et Al Qaïda restent redoutables, selon un rapport de l'ONU
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TERRORISME - Les groupes djihadistes Etat islamique et Al-Qaïda ont conservé des capacités d'action importantes au cours des six premiers mois de l'année 2017, selon un rapport d'experts de l'ONU.

Chassé de son bastion de Mossoul côté irakien, acculé sur le front syrien à Raqqa, le groupe Etat islamique perd du terrain. Trois ans après le lancement d'une intense campagne militaire, la coalition a repris 70% du territoire que les djihadistes avaient saisi en Irak et 50% en Syrie. Seulement voilà : Daech – tout comme Al-Qaïda – conserve un réel pouvoir de nuisance sur la scène internationale.

Selon un rapport d'experts de l'ONU publié ce vendredi, les deux groupes disposent toujours de capacités d'action importantes. Notamment grâce à leurs finances, toujours dans le vert. En dépit de cette pression en Irak et en Syrie, l'organisation EI "est toujours capable d'envoyer des fonds à ses militants hors de la zone de conflit" moyen-orientale, souligne le texte destiné au Conseil de sécurité et circulant depuis jeudi au siège des Nations unies. Les transferts de fonds sont souvent réalisés avec de petites sommes, les rendant difficiles à détecter. Les sources de financement de l'EI n'ont pas changé fondamentalement, reposant toujours sur l'exploitation du pétrole et l'imposition de taxes à la population locale, note aussi le document.

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Autre enseignement du texte de 24 pages réalisé par des experts mandatés par l'ONU, les djihadistes ont développé leur emprise aux quatre coins du monde. L'EI "continue de motiver et de rendre possible des attaques" hors du Moyen-Orient. Comme en Europe, qui demeure une "région prioritaire" pour des attaques par des individus soutenant l'idéologie du groupe. L'organisation EI veut également s'établir en Asie du sud-est, comme le montrent les récents combats dans le sud des Philippines, ajoute le rapport en relevant par ailleurs que le nombre de membres voulant gagner l'Irak et la Syrie continue de décroître.

En outre, de plus en plus de mineurs seraient en train de quitter les zones de combats au Moyen-Orient. "Leurs expériences, incluant leur participation aux entraînements et à de la violence extrême, comme leur radicalisation (...) réclament une attention particulière et des stratégies", jugent les experts. En Libye, le nombre de combattants de Daech est estimé par un Etat membre à entre 400 et 700. Au Sahel, Al-Qaïda continue de représenter "une menace significative", comme en Afrique de l'est où les membres affiliés à ce groupe et à l'organisation Etat islamique seraient entre 6.000 et 9.000. Mais aussi en Afrique de l'ouest, en Afrique de l'est et dans la péninsule arabique, notamment au Yémen, où Al-Qaïda conserve de son côté des réseaux puissants. En dépit de la "compétition stratégique" que se livrent les deux organisations, des alliances et des coopérations permettent dans plusieurs régions des mouvements de combattants entre différents groupes, relève aussi le rapport.

"La résistance de l'EI à Mossoul montre que sa structure de commandement et de contrôle n'a pas été complètement cassée et que le groupe reste une menace militaire significative". Parmi ses recommandations, le groupe d'experts de l'ONU demande entre autres au Conseil de sécurité de rappeler aux Etats membres que le paiement de rançons à des preneurs d'otages est illégal au regard des sanctions imposées aux groupes 

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