Terrorisme ou rapt crapuleux : quelles pistes après l'enlèvement de la Française Sophie Pétronin au Mali ?

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ENLÈVEMENT - Le parquet de Paris a ouvert une enquête ce dimanche après l'enlèvement de la Française Sophie Pétronin dans le nord du Mali. Alors qu'aucune revendication n'a été faite, plusieurs hypothèses -rapt crapuleux, terrorisme- s'ouvrent aux enquêteurs.

Bien que le ministère français des Affaires étrangères ait confirmé l'enlèvement de Sophie Pétronin ce samedi à Gao, dans le nord du Mali, les circonstances de ce rapt restent encore floues. Comme c'est le cas lorsqu'un Français est enlevé à l'étranger, le parquet de Paris a ouvert dimanche une enquête pour enlèvement et séquestration en bande organisée. Cette dernière a été confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et au commandement de gendarmerie prévôtale, la police judiciaire militaire auprès des Forces armées françaises à l'étranger. 


Dimanche en fin d'après-midi, il n'y avait eu encore aucune revendication. Les hypothèses -rapt crapuleux ou terrorisme- restent donc ouvertes, sans que l'une d'entre-elles soit privilégiée. D'autant que les recherches, auxquelles participent les soldats français de l’opération Barkane n'ont pour l'instant rien donné, selon une source de sécurité. 

Hommes enturbanés

Correspondant de LCI au Mali, Serge Daniel explique qu'en fin d'après midi samedi, des hommes enturbanés sont arrivés armés en plein coeur de la ville à bord d'un pick-up de couleurs kaki. Ils ont alors enlevé l'humanitaire avant de repartir pour le grand nord du pays. 

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La piste islamiste

Mais il est encore bien difficile d'en connaître davantage sur les ravisseurs. Le nord du Mali est connu pour la présence d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et d'autres groupes islamistes, que l'armée française combat depuis janvier 2013. Dans ce contexte, l'enlèvement par des jihadistes ne peut donc être exclu. D'autant que l'humanitaire française -elle dirige l'ONG "Aide à Gao" avait déjà échappé à des islamistes armés en 2012, alors que Gao était sous leur emprise


Ce ne serait pas la première fois que des ressortissants français se font enlever dans cette région du Sahel par des groupes terroristes. Il y a notamment eu Serge Lazarevic et Philippe Verdon en 2011 au Mali, ou encore les otages d'Arlit, Thierry Dol, Marc Féret, Daniel Larribe et Pierre Legrand en 2010 au Niger voisin.

La piste crapuleuse

En dehors de la menace terroriste, cette zone désertique concentre également des factions davantage interessées par l'appât du gain que par la propagation d'une quelconque idéologie. C'est pourquoi l'hypothèse d'un enlèvement d'origine crapuleuse est également possible. Toutefois, des liens peuvent exister entre ces groupes et les islamistes, ce qui peut parfois conduire à la vente d'otages.

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