Un homme noir tenu par une corde par des policiers : la photo qui fait scandale aux Etats-Unis

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POLÉMIQUE - La police d'Alveston, au Texas, a dû s'excuser, lundi 5 août, après la diffusion sur les réseaux sociaux d'un cliché où un homme de couleur est menotté et escorté par deux policiers à cheval, qui le tiennent par une corde. Une image particulièrement humiliante qui ravive la polémique sur les méthodes controversées de la police.

Des photos prises au Texas font le tour des réseaux sociaux depuis ce week-end. On y voit un homme noir, mains menottées derrière le dos. Il est escorté par deux policiers, blancs, à cheval. L'une d'eux tient depuis sa monture l’individu par une corde bleue. La route est vide, et les seuls indices prouvant que nous sommes bien au XXIe siècle sont les voitures.

Sans surprise, les images de l’arrestation de D. Neely, interpellé en flagrant d’élit d’intrusion sur une propriété privée samedi 3 août à Galveston, ont donc fait le tour des réseaux sociaux. Résultat : du professeur influant sur Twitter à une candidate démocrate, tout le monde s’est emparé du sujet, poussant la police de Galveston à publiquement s’excuser. 

Une arrestation "déshumanisante"

"C'est déshumanisant et traumatisant", s'insurge un internaute sous la publication du professeur, blogueur et militant Zellie Imani. Ce dernier est un activiste, qui décrit des images "écœurantes". Car elles font raisonner, dans l’esprit collectif, un bien triste passé. "Ça m’évoque les images douloureuses de chasseurs d’esclaves et d’Africains fugitifs", écrit-il. Une candidate démocrate au Congrès, Adrienne Bell , a elle-même évoqué "la colère, le dégoût et les questions" que ce cliché suscitait au sein de la communauté afro-américaine. 

Une image qui passe d’autant plus mal qu’elle surgit sur le réseau social quelques jours après les tueries de masse aux Etats-Unis, et pour lesquelles l’un des assaillants au moins a motivé son acte par une idéologie raciste, selon les autorités. Les images du tireur emmené dans une voiture de policier "sans une égratignure" paraissent alors totalement injustes pour certains. "La police de Galveston a exposé un homme noir (…) comme un esclave en fuite capturé pour être puni, et Patrick Crusius, tireur de masse animé par la théorie de la suprématie blanche, se rend en prison en voiture. Tout le monde devrait être outré."

Je m’excuse auprès de Mr. Neely- Vernon Hale, chef de la police de Galveston

Face à cette fronde, la police de cette ville texane a réagi dans un communiqué. Et ce en faisant, dans un premier temps, un mea culpa. Le chef de la police lui-même a présenté ses excuses lundi 5 août au quadragénaire. "Je m’excuse auprès de Mr. Neely pour l’avoir mis dans un embarras qui n’était pas nécessaire", écrit ainsi Vernon Hale sur Facebook. Suivi par des explications quant aux raisons pour lesquelles l’homme a été transporté de la sorte. D’après ses informations, cette technique d’arrestation est "utile" dans "certains scénarios", tel que le contrôle de la foule lors de manifestations, par exemple. Mais ici, ce "mode de transport" a été utilisé car "une unité de transport n'était pas disponible immédiatement au moment de l'arrestation". Pour amener le suspect jusqu’au commissariat, il fallait donc rejoindre une voiture de patrouille qui était garée … à 150 mètres. C’est en tout cas la distance qui sépare le lieu où l’homme a été vu en flagrant délit et l’endroit où l’attendait la voiture de patrouille. 

Pour le chef de police, ses agents ont fait preuve d’un "manque de jugement". "Ils auraient pu attendre une unité de transport sur le lieu de l’arrestation", indique-t-il, tout en balayant l'accusation de racisme. Ses troupes, assure-t-il, n’avaient "aucune intention malveillante". Et de conclure : "Nous comprenons la perception négative de cette action et pensons qu'il est plus approprié de cesser d'utiliser cette technique."

Sauf que ces excuses ne suffisent pas. Ni le "changement de technique". Désormais, nombreux sont ceux qui veulent que les deux policiers soient retirés de leurs fonctions. Et au-delà de cette polémique, les militants demandent une plus grande reconnaissance du problème du racisme chez les forces de l’ordre.

Comme Leon Phillips, président de Galveston Coalition for Justice. Dans le Houston Chronicle, il félicite les autorités policières pour leur réactivité mais espère voir les principaux intéressés sanctionnés. Toujours dans ce quotidien local, le président de l’Association nationale pour la promotion des gens de couleur (NAACP) de Houston affirme qu’il y a un réel problème de manque de respect envers les Afro-américains et que cette photo n’en est que la preuve. "Même si le chef a indiqué que la technique serait abandonnée, il n'a pas abordé le manque de respect", regrette ainsi James Douglas, évoquant les "problèmes de formation" de la profession. 

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