Thaïlande : il est mort jeudi, qui pour succéder au roi Bhumibol Adulyadej ?

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Le roi Bhumibol Adulyadej est mort ce jeudi 13 octobre à l'âge de 88 ans. Et les Thaïlandais sont suspendus à une seule interrogation : qui pour le remplacer ? Dans un pays très divisé sur le plan politique, la question hante la population.

Si la question a longtemps été taboue dans cette monarchie de presque 70 millions d’habitants, elle ne peut plus à présent être éludée : qui va succéder au roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej ? Décédé ce jeudi à l'âge de 88 ans, il était père de quatre enfants, trois filles et un garçon. Selon la tradition, ce dernier est promis au trône.


 Agé de 64 ans, Maha Vajiralongkorn ne vit pourtant pas en Thailande et ne jouit pas de la même popularité que son père. Il a notamment été critiqué en juillet lorsque le magazine allemand Bild avait publié des photos de lui, vêtu d'un jean porté particulièrement bas sur les hanches et d'un débardeur laissant apparaître ses tatouages. Une apparence désinvolte que la population thailandaise a jugé indigne de son rang. Autre problème : en 2014, son ex-épouse, la princesse Srirasmi, a "renoncé à son statut royal", une circonvolution pour ne pas parler plus simplement de divorce. Un mot qu'on associe difficilement à un héritier à la couronne du pays, et qui fait donc tâche sur le CV de celui qui  est appelé à la succession. 


Mais Maha Vajiralongkorn serait arrivé sur place en urgence lorsque l’état de santé de son père s’est fortement dégradé ces jours-ci. Au même moment, le chef de la junte thaïlandaise, Prayut Chan-o-Cha, au pouvoir depuis le coup d’Etat en 2014, a annoncé mercredi qu'il allait rencontrer le prince héritier. "Le prince héritier est de retour en Thaïlande et je l'attends pour qu'il m'accorde une audience pour faire un point avec lui sur le travail du gouvernement", a indiqué Prayut Chan-o-Cha à l'AFP.  

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Bhumibol Adulyadej est resté 70 ans sur le trône. Et pour les Thailandais, qui vouent un véritable culte de la personnalité à leur souverain, sa mort était un moment terriblement redouté.  La grande majorité des Thailandais n’ont en effet connu que lui à la tête du royaume. Et l’avenir trouble au sujet de sa succession, dans un pays divisé politiquement, à l’image du coup d’Etat de 2014, est une source d’appréhension supplémentaire pour toute la population. Car malgré ses pouvoirs constitutionnels limités, le roi dispose d’une certaine autorité morale. Et le peuple le considère comme la seule personnalité capable de préserver l’unité du pays. Une unité mise à rude épreuve ces dernières années.  D'où la crainte que la succession n'entraîne de nouveaux troubles.

des collègues qui s’en vont à la hâte, avant même la fin de leur journée de travail, parce qu'ils ont peurTémoignage d'une résidente à Bangkok

Selon un premier témoignage recueilli par une personne résidant à Bangkok, l’annonce de la mort du roi s’est faite progressivement sentir. Dans un pays où la famille royale est protégée par une loi de lèse-majesté les plus sévères au monde, il est toujours délicat de s'exprimer à propos du roi. Raison pour laquelle,  cette personne requiert d'emblée l’anonymat pour témoigner auprès de LCI de plusieurs élements troublants : des collègues qui s’en vont inhabituellement à la hâte, avant même la fin de leur journée de travail "parce qu'ils ont peur"; des militaires qui commencent à barrer les rues; ou encore des amis à elle travaillant à l’ONU, qui auraient eu pour ordre de leur direction "de retirer un maximum de cash, de faire un maximum de courses et de vite renter chez eux", ou encore une photo du temple du roi qu'elle a eu entre entre les mains et  sur laquelle "ils enlèvent les drapeaux jaune, symbole du roi". 

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