Thaïlande : la succession du roi laisse le pays dans l'expectative

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ATTENTE - Après la mort du roi Bhumibol Adulyadej, qui sera remplacé par son fils controversé, les Thaïlandais redoutent une instabilité politique. Pour l'instant, l'heure est cependant au deuil.

Au lendemain de l'annonce du décès du roi Bhumibol Adulyadej, l'émotion est bien présente à Bangkok ce vendredi. Comme l'illustre cette photo ci-dessous prise par un témoin présent dans la capitale du pays, les Thailandais se sont vêtus de noir, la couleur du deuil. 

"On a demandé aux expats de s'habiller en noir pendant les deux prochaines semaines, d'être ultra respectueux, de ne pas avoir l'air trop heureux, d'éviter les rassemblements de groupes festifs, et de ne pas parler de la situation sur les réseaux sociaux", précise ce même témoin auprès de LCI.  Mais si le noir symbolise la tristesse, elle se lit aussi sur les visages. "Dès les premières rumeurs de décès du roi, tout le monde avait le nez rivé sur son téléphone, comme à la recherche d'informations, dans un silence religieux", poursuit-il. Illustration de cette tristesse : dans la soirée, les bars branchés du centre de Bangkok étaient déserts (photo ci-dessous).

"Du temps avant d'être proclamé roi"

La mort du roi ouvre un nouveau chapitre pour cette monarchie de presque 70 millions d’habitants, où la question de la succession a longtemps été taboue.  Conformément à la tradition, et comme le Premier ministre, le général Prayut Chan-O-Cha, l'a indiqué dès jeudi, c'est le prince Maha Vajiralongkorn qui prendra la relève. Enfin, pas tout de suite. Le Premier ministre a ainsi annoncé que le prince demandait "du temps pour se préparer avant d'être proclamé roi".  Des mots qui résonnent comme un malheureux aveu. Agé de 64 ans, le prince Maha Vajiralongkorn, se sait en effet vertement critiqué par son peuple pour des scandales à répétition. Et il a sans doute besoin de temps pour faire grimper sa popularité, et a fortiori, sa légitimité. 


Un problème que son père, resté 70 ans sur le trône, ne connaissait pas. Au point  que les Thailandais, qui vouent un véritable culte de la personnalité à leur souverain, craignait terriblement sa mort. La grande majorité d'entre eux n’ont en effet connu que lui à la tête du royaume. Et l’avenir flou au sujet de sa succession, dans un pays divisé politiquement, à l’image du coup d’Etat de 2014, est une source d’appréhension supplémentaire. Car malgré ses pouvoirs constitutionnels limités, le défunt roi disposait d’une certaine autorité morale. Et le peuple le considérait comme la seule personnalité capable de préserver l’unité du pays. D'où la crainte que la prise de pouvoir de son fils n'entraîne de nouveaux troubles.

VIDÉO - L'annonce de la mort du roi

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Le roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej est mort, son fils lui succède

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