Tir de missile en Corée du Nord : que peuvent faire les Etats-Unis en cas d'attaque ?

DÉCRYPTAGE - Le régime de Kim Jong-Un a testé avec succès ce mercredi un nouveau type de missile capable de frapper n'importe où aux Etats-Unis. Une éventualité à laquelle Washington est prête, grâce à une importante défense antimissiles.

"On va s'en occuper". Alors que des scènes de liesse étaient observées ce mercredi dans Pyongyang, où le régime venait de réussir un nouvel essai militaire, Donald Trump s'est montré serein devant les caméras. Pourtant, le missile testé par la Corée du Nord représente un défi pour le président américain. Et pour cause : le régime de Kim Jong-Un est désormais capable de frapper n'importe où aux Etats-Unis. Une éventualité que Washington s'est préparé à affronter grâce à sa défense antimissile.

Ces nouveaux missiles nord-coréens changent tout

D'après Pyongyang, l'engin a atteint une altitude de 4.475 kilomètres avant de s'abîmer à 950 kilomètres du site de lancement. Il s'agit de la plus haute altitude de tous les tirs effectués par la dictature à ce jour, a estimé le secrétaire américain à la Défense James Mattis. Un avis partagé par David Wright : cet expert et codirecteur de l'Union of Concerned Scientists a estimé  sur le blog de son organisation qu'un tel missile "aurait un rayon d'action suffisant pour atteindre Washington et en fait n'importe quelle partie des Etats-Unis continentaux". La grande crainte de Washington et ses alliés est que les Nord-Coréens puissent un jour équiper un de leurs missiles d'une tête nucléaire.

Une défense antimissile américaine qui a ses limites

Si on se base sur les sommes dépensées par les Etats-Unis en la matière, sans doute. Ils ont en effet investi des milliards de dollars pour développer des technologies capables de protéger le pays contre des missiles balistiques. Et les USA restent convaincus de l'efficacité de ces systèmes, même si aucun n'est complètement infaillible. Face aux missiles intercontinentaux, les Américains ont inventé le GMD (Ground-based Midcourse Defense), installé à Fort Greely, à environ 160 kms de Fairbanks, en Alaska et sur la base de Vandenberg, en Californie. Cet élément-clé de la défense antimissile américaine a été testé avec succès en mai en Californie mais il avait eu des performances plus mitigées auparavant et pourrait être débordé en cas de tir de missiles en rafale.

Donald Trump a d'autres atouts

Outre le système GMD, les Etats-Unis et leurs alliés ont aussi à leur disposition le système AEGIS, pour Aegis Ballistic Defense System. Son concept ? Il est embarqué sur des navires comprenant des radars et des capteurs extrêmement sensibles qui fournissent des informations aux systèmes contre les missiles intercontinentaux GMD en Alaska et en Californie. Mais AEGIS a également sa propre capacité à intercepter des missiles de plus courte portée.


Les Etats-Unis ont aussi commencé à déployer en Corée du Sud des systèmes THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), capables de détruire des missiles de portées courtes, moyennes et intermédiaires dans la phase finale de leur vol. Enfin, les Américains et leurs alliés de Corée du Sud et du Japon peuvent aussi compter sur des batteries de missiles Patriot Advanced Capability-3. Ils sont surtout destinés à affronter des menaces régionales et auraient des effets limités face à des tirs intercontinentaux. En Europe, les alliés des Etats-Unis possèdent également des systèmes antimissiles mais ils sont concentrés sur la menace d'armes de courte portée venant potentiellement de Russie ou du Moyen-Orient.

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