Tirs de roquettes depuis Gaza : des failles dans le "dôme de fer" israélien

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PROCHE ORIENT - L'armée israélienne a lancé lundi en fin d'après-midi des frappes dans la bande de Gaza. En cause : un tir d'une roquette, qui a fait sept blessés au nord de Tel-Aviv dans la nuit. Pourtant, depuis 2011, Israël a créé un réseau d'interception de roquettes baptisé "dôme de fer".

Toiture effondrée, murs écroulés, amas de gravats… il ne reste plus grand-chose de la maison qui a été touchée ce lundi matin, à Mishmeret. C'est là, dans cette petite localité au nord de Tel-Aviv, qu'une roquette est tombée. Le bilan humain est lourd : quatre adultes et trois enfants, dont un bébé de six mois, ont été hospitalisés. Les autorités, elles aussi, ont vacillé : si l'auteur du tir n'a pas encore été identifié – le Hamas, accusé par l'armée, dément -, cette frappe met en lumière la puissance de frappe des groupes armés dans la bande de Gaza. Et les limites du "Dôme de fer" israélien censé empêcher toute frappe de ce type.


Le tir de ce lundi sonne comme un défi pour l'armée. Tout d'abord car sa portée est considérable : Mishmeret est situé à plus de 80 km de la bande de Gaza, une distance rarement atteinte par les roquettes tirées depuis cet endroit. Par ailleurs, il intervient quelques jours après un brusque accès de fièvre entre les deux ennemis : des dizaines de positions du mouvement islamiste palestinien Hamas ont été frappées, en représailles aux tirs de deux roquettes tirées (déjà) vers Tel-Aviv. Des roquettes avec lesquelles composent les Israéliens au quotidien : par exemple le 14 juillet dernier, puis dans la nuit du 8 au 9 août, quand des centaines de tirs de roquettes et de mortiers avaient été recensés.

Des milliers de roquettes entre les mains des groupes armés

Selon un responsable militaire sollicité par l'AFP, Israël estimait en 2016 que le Hamas disposait de plusieurs milliers de roquettes. Le Hezbollah, lui, en aurait au moins 100.000. Environ 95% des roquettes véhiculeraient des charges légères et auraient une portée de moins de 40 kilomètres, mais le Hezbollah aurait la capacité de lancer des dizaines de roquettes de plus longue portée tous les jours sur le centre d'Israël, selon l'armée.


Pour faire face à cette menace permanence, Israël n'a cessé de perfectionner son dispositif. Surtout que, après la guerre au Liban contre le Hezbollah en 2006, les autorités avaient été sévèrement critiquées dans un rapport officiel pour l'impréparation et la désorganisation des services chargés de la protection des civils. Durant cette guerre, la milice chiite avait réussi à tirer quelque 4.000 roquettes sur le nord d'Israël et contraint un million de civils à vivre dans des abris vétustes et exigus, manquant de nourriture ou de ventilation.

Des batteries disséminées sur le territoire

C'est dans ce contexte qu'un "Dôme de fer" a été élaboré. Ce système de défense anti-missile a un objectif simple : contrer les projectiles de courte et moyenne portée (roquettes, obus d'artillerie) visant des zones habitées. Concrètement, le "Iron Dome" se compose de plusieurs batteries, disséminées sur le territoire. Chaque batterie comprend un radar de détection et de pistage, un logiciel de contrôle de tir et trois lanceurs équipés chacun de 20 missiles d'interception. La première batterie a été installée en mars 2011 dans la région de Beersheva, la capitale du désert du Néguev, à 40 km de la bande de Gaza. Cinq autres batteries ont ensuite été déployées, notamment près des villes côtières d'Ashkelon et Ashdod, au sud de la grande métropole de Tel-Aviv, et près de la ville de Nétivot, à 20 km de la bande de Gaza.


Reste que le système a un défaut : il ne saurait être efficace à 100%, de l'aveu même de ses concepteurs. C'est ce qu'il s'est passé ce lundi, à Mishmeret. Et c'est pour cela que l'armés israélienne a débuté quelques heures plus tard ses représailles : des hélicoptères ont déclenché au moins trois frappes dans l'ouest de la bande de Gaza contre un site de la branche armée du mouvement islamiste Hamas. Quelques heures plus tard, le Hamas a finalement annoncé un cessez-le-feu entre les groupes armés palestiniens et Israël, sur intercession égyptienne. "Les efforts égyptiens ont débouché sur la conclusion d'un cessez-le-feu entre l'occupant et les organisations de résistance", a déclaré par voie de communiqué un porte-parole du mouvement.

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