Tortures : la CIA reconnaît des méthodes "répugnantes"

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ETATS-UNIS - Après la publications d’un rapport sur les méthodes de tortures de la CIA, John Brennan, le patron, a reconnu jeudi lors d’une conférence de presse que certains de ses agents avaient utilisé des méthodes d'interrogatoire "répugnantes" après le 11 septembre.

Il défend le travail de son agence, qui a agi dans une période difficile marquée par "la peur de nouvelles attaques", mais reconnaît les faits. Le patron de la CIA John Brennan a admis jeudi que certains de ses agents avaient utilisé des méthodes d'interrogatoire "répugnantes" après le 11 septembre. Lors d'une conférence de presse exceptionnelle tenue au siège de la CIA, le patron de la puissante agence du renseignement américaine a par ailleurs estimé qu'il était "impossible" de savoir si les informations obtenues grâce aux techniques d'interrogatoire poussées (EIT) auraient pu l'être "par d'autres moyens".

Claques à répétition contre les murs, simulations de noyades et privation de sommeil pendant 180 heures, c’est le tableau accablant des techniques "d'interrogatoires poussés" pratiquées par la CIA, mis à jour dans un rapport de la commission sénatoriale du renseignement américain. On y découvre que 39 détenus ont été isolés dans une obscurité totale et dénudés, qu'ils souffraient de convulsions et de vomissements et que, suite aux séances de "waterboarding", ils étaient réhydratés par voie rectale.

"Nous n'étions pas préparés"

Refusant d'utiliser le mot de torture, "je laisse à d'autres le soin de qualifier ces activités", John Brennan a reconnu que la CIA avait "navigué en terrain inconnu" après les attentats du 11 septembre 2001. "Nous n'étions pas préparés", a-t-il admis lors de cette conférence de presse retransmise en direct à la télévision, un événement inédit. "Nous avions peu d'expérience dans la détention de prisonniers et peu d'agents avaient été formés aux interrogatoires", a reconnu cet ancien espion, en première ligne depuis des années dans la lutte contre Al-Qaïda.

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Le patron de la CIA a par ailleurs admis que l'utilisation de méthodes coercitives avait "de fortes chances" d'aboutir à des informations erronées. "Si quelqu'un est soumis à ces techniques, il peut dire quelque chose simplement pour que cela cesse", a-t-il déclaré, assurant que de nombreuses réformes avaient été menées pour éviter que ce type de dérives ne se reproduise.
 

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