Tout savoir sur Daech : d'où vient l'argent de l'Etat islamique ?

Tout savoir sur Daech : d'où vient l'argent de l'Etat islamique ?

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FOCUS - L'Organisation Etat Islamique dispose d'une manne financière considérable du fait de sa rapide expansion en Syrie et en Irak. La lutte contre le groupe djihadiste passe donc par une offensive économique pour couper ses sources de financement que "metronews" vous détaille.

Frapper Daech au portefeuille. Dans le cadre de la lutte contre l'organisation Etat Islamique (EI), la coalition internationale entend accroître ses moyens d'actions pour couper les vivres du groupe terroriste, sans doute le plus doté de l'histoire. Mais de combien d'argent dispose l'EI et d'où proviennent ses fonds ? Metronews fait le point.

 Patrimoine et budget
Selon les experts, l'Etat islamique a mis la main sur un patrimoine évalué à quelque 2000 milliards de dollars. Les dernières estimations du Centre d'analyse du terrorisme ( CAT ), think tank européen dans le domaine de l’analyse du terrorisme dirigé par l'expert français Jean-Charles Brisard, qui doivent être publiées cette semaine, évaluent cette fortune - regroupant la valeur des installations pétrolières et gazières, des mines de phosphates, des terres agricoles, des sites culturels, etc. - à 2260 milliards de dollars, rapporte Le Figaro . Par ailleurs, l’organisation terroriste disposerait d'un budget de 2,5 milliards d'euros, précise le CAT, soit les fonds dont dispose l'EI pour assurer son coûteux fonctionnement - armement, solde de ses 30.000 combattants, pensions versées aux familles de partisans tués.

► Un Etat mafieux
Si au départ, l'EI a bénéficié de soutiens financiers extérieurs pour lutter contre le régime de Bachar al-Assad en Syrie, cet apport constitue aujourd'hui, toujours selon experts, une part très faible du budget du groupe djihadiste. Organisée comme un Etat mafieux, sur une superficie grande comme la moitié de la France à cheval entre l'Irak et la Syrie, et sur lequel vivent quelque 10 millions d'habitants, Daech tire ses principales sources de revenus de l'exploitation du sol et du sous-sol conquis ainsi que de l'exploitation et l'extorsion de la population (voir plus bas).

EN SAVOIR + >> Pourquoi Daech n'est pas vraiment riche de 2000 milliards d'euros

► Exploitation des ressources naturelles
Pétrole, gaz, phosphate, terres agricoles, notamment le coton... Les ressources ne manquent pas en Syrie et en Irak. Daech a notamment fait main basse sur les gisements de pétrole de la région syrienne de Deir ez-Zor. Selon les estimations, elle réussirait à produire jusqu'à 40.000 barils par jour, lui assurant un revenu quotidien d'environ 1 million de dollars grâce aux circuits de contrebande passant notamment par la Turquie. La plupart des ressources pétrolières de l'EI servent cependant à assurer la propre consommation de l'organisation et de la population vivant sur le territoire qu'elle contrôle. Mais cette manne tend à s'épuiser en raison de la chute du cours du brut et l'intensification des frappes contre les installations et récemment contre la contrebande. L'armée russe, par exemple, a annoncé ce lundi avoir bombardé des "colonnes de camions-citerne" et des raffineries de l'organisation État islamique (EI) dans le nord et l'est de la Syrie.

► Extorsion
Dans ce contexte, le produit des ressources naturelles tendrait à s'appauvrir. Mais Daech dispose d'une autre manne financière issue de l'extorsion. L’organisation djihadiste prélève ainsi un impôt sur l'économie et la population et lève des taxes. Avant la prise de Mossoul, grande ville d'Irak, le Council on Foreign Relations, think tank américain, estimait ainsi que la taxation des entreprises contribuait déjà à hauteur de plus de huit millions de dollars par mois au budget de l'EI. Selon le Centre d'analyse du terrorisme, l'exploitation des ressources naturelles constitue en 2015 60% des recettes de l’organisation terroriste, tandis que près de 40% sont d'"origine criminelle", toujours selon Le Figaro.

► Trafics en tous genres
Parmi ces activités, on trouve le kidnapping qui donne lieu au versement de rançons, le trafic d'êtres humains, les activités de contrebande, comme les cigarettes, le trafic de drogue mais aussi le commerce d'œuvres d'art et d'antiquités. Sur ce dernier point, le président François Hollande a annoncé des mesures lors de la 70e conférence générale de l'Unesco. "En ce moment même, l'organisation terroriste Daech délivre des permis de fouille, prélève des taxes sur les biens qui vont ensuite alimenter le marché noir mondial, transitant par des ports francs qui sont des havres pour le recel et le blanchiment, y compris en Europe", a expliqué mardi le chef de l'Etat. Pour lutter contre ce trafic, ce dernier a notamment annoncé la mise en place d'un "droit d'asile" pour les œuvres d'art menacées provenant en particulier de Syrie et d'Irak, ainsi qu'un "contrôle douanier à l'importation de biens culturels". Il a en outre prôné le renforcement de l'action des Etats européens en matière de recel.

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