Trafic de drogue : pourquoi l'Indonésie est-elle aussi virulente ?

Trafic de drogue : pourquoi l'Indonésie est-elle aussi virulente ?

DirectLCI
PEINE DE MORT – Malgré le sursis obtenu par Serge Atlaoui, 9 condamnés à mort devraient être exécutés par l'Etat indonésien dans les prochains jours. Chaque fois pour trafic de drogue. Explications pour comprendre l'intransigeance du pays en la matière.

Si Serge Atlaoui, ce Français condamné à mort en Indonésie pour trafic de drogue, ne figure plus sur la prochaine liste des prisonniers à exécuter, de nombreux autres détenus risquent de perdre la vie. Car l'Indonésie est implacable avec ceux qu'elle considère comme des trafiquants.

EN SAVOIR + >> Serge Atlaoui pourrait échapper à son exécution imminente

Casser une image de mollesse
La législation de l'archipel, l'une des plus dures au monde, est extrêmement sévère en matière de drogue. Sans compter que le nouveau président indonésien, Joko Widodo, surnommé "Jokowi", a fait savoir, peu après son arrivée au pouvoir en octobre 2014, qu'aucune grâce ne serait accordée aux condamnés dans les affaires de drogue, voulant casser une image de mollesse qui lui était attribuée durant la campagne.

La drogue, un cancer indonésien
Il a récemment réaffirmé que l'Indonésie, où l'alcool a été interdit sur la quasi-totalité du pays, avait besoin d'une "thérapie de choc". Selon lui, le pays est dans une situation d'état d'urgence en matière de stupéfiants, avec la mort de dizaines de jeunes Indonésiens chaque jour à cause de ce fléau. Plus de deux millions d'habitants, sur une population de 212 millions, sont considérés comme dépendants de la drogue, selon des statistiques de la police.

Le soutien de l'opinion publique
Le 18 janvier dernier, pour la première fois depuis 2013 (date à laquelle les exécutions ont repris après une suspension de cinq ans), six condamnés à mort, dont cinq ressortissants étrangers. Malgré les appels internationaux à la clémence, "Jokowi" avait affirmé que les condamnés, la plupart pour trafic de drogue, qui attendaient dans le couloir de la mort seraient bel et bien exécutées. "Nous mettons en pratique notre constitution. La loi autorise les exécutions et je pense que les autres pays devraient respecter la loi indonésienne", a plaidé Joko Widodo sur ABS-CBN News .

Et le président peut compter sur le soutien de la population. Du côté de l'opinion publique, la peine de mort dans les affaires de trafic de drogue est largement plébiscitée : 80% des Indonésiens y sont favorables.

À LIRE AUSSI >> Sabine Atlaoui : "Mon mari se rapproche du peloton d'exécution, il y a urgence !"

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter