TRAIT D’ACTU – Guerre en Syrie : comprendre la bataille d'Alep

BATAILLE – La ville d’Alep est le théâtre de violents affrontements depuis près de cinq ans. Alors que le régime de Bachar Al-Assad gagne du terrain, LCI revient en dessins sur les forces en présence.

Depuis l’été 2012, Alep est au cœur d’une violente bataille. Les civils sont pris en étau au cœur d’un conflit tentaculaire qui s’est intensifié et complexifié au fil des ans. Pour y voir plus clair dans ces affrontements responsables de "la pire crise humanitaire du XXIe siècle", selon les propos d'un médecin volontaire revenu de mission en Syrie, LCI revient en dessins sur les différentes parties qui s’affrontent.


Alep, deuxième ville du pays pour son histoire et son dynamisme économique, est tout d’abord attaquée par des opposants au régime de Bachar Al-Assad, qui dirige le pays depuis 2000. Ces rebelles s’installent dans les quartiers Est de la ville, les plus modestes. Très rapidement, l’armée de Damas riposte et prend le contrôle de l’Ouest d’Alep. Dès lors, une guerre de position, doublée de violents bombardements se met en place.

Face aux combattants pro-régime, la situation des rebelles ne simplifie pas l’équation. Les opposants comptent une myriade de groupes aux courants de pensée parfois discordants. Les rebelles recensent par exemple une branche plus modérée sous la bannière de l’Armée syrienne libre, mais aussi le Front Fatah al-Cham, anciennement affilié au groupe terroriste Al-Qaïda. En plus de ces divergences, un nouveau belligérant entre dans le conflit dès 2014 : Daech et ses djihadistes, qui profite du chaos ambiant pour tenter d'assoir son autorité

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Pourquoi Alep est une ville stratégique dans la guerre de Syrie

Dès lors, les interventions étrangères affluent. Ceux qui soutiennent Bachar al-Assad : la Russie et l’Iran, auxquels s’ajoutent des milices irakiennes et le Hezbollah libanais. D'un autre côté, une coalition internationale pilotée par les Etats-Unis et que la France a ralliée en septembre 2015, intervient sur le terrain pour combattre Daech. Cette alliance internationale soutient les rebelles anti-Assad à demi-mot, sans les appuyer militairement pour éviter d’armer les groupes radicaux. 

En parallèle, des combattants kurdes combattent les djihadistes, en voyant d’un bon œil les attaques russes qui pourraient favoriser la constitution d’un état transfrontalier pour cette communauté qui se considère comme apatride. Le Conseil  de sécurité de l’ONU – où la Russie tient siège avec un droit de veto - s’est quant à lui tenu à distance du conflit, provoquant de nombreux reproches. 

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Alep ou l'impuissance de l'occident : la Russie vainqueur stratégique

Car face à cet imbroglio de forces et d’intérêts, les grandes victimes du conflit restent les Aleppins, dont l’évacuation est une longue agonie entre blocus de convois humanitaires et bombardements à répétition. Le nombre de morts parmi les habitants d’Alep (arrêté à 260.000 en 2014) piégés dans leur propre ville, s’évalue à plusieurs centaines de milliers.

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Le drame d'Alep

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