TRAIT D’ACTU – Pourquoi la ville de Mossoul est-elle attaquée ?

IRAK – Lundi 17 octobre, l’armée irakienne a lancé l’offensive contre les djihadistes de Daech, qui contrôlent la ville de Mossoul depuis 2014. LCI vous explique l'origine et les enjeux de cette bataille en dessins.

Lundi 17 octobre, le Premier ministre irakien, Haider al-Abadi, a annoncé le début de la bataille de Mossoul. Le but : chasser Daech hors de son principal bastion en Irak. Face aux djihadistes, l’armée irakienne est appuyée par des combattants kurdes appelés les peshmergas et une coalition de 60 pays - dont la France - pilotée par les Etats-Unis. Pourquoi cette bataille est-elle décisive ? LCI résume en dessins.

Daech contrôle Mossoul et sa province depuis 2014. Le leader des djihadistes, qui se fait appeler Abou Bakr Al-Baghdadi, avait même proclamé le "califat" (le territoire conquis à cheval entre l’Irak et la Syrie) de l’organisation depuis cette ville, la deuxième plus grande en Irak. Repousser Daech de cette région serait donc attaquer l'un des centres névralgiques du pouvoir djihadiste. 

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Irak : les forces irakiennes aux portes de Mossoul

Chiites et sunnites représentent des courants de pensée différents au sein de l'islam. Avant l'intervention américaine en 2003, les musulmans sunnites détenaient le pouvoir sous Saddam Hussein, dans un pays où les musulmans chiites étaient majoritaires. Chassés, les sunnites se sont réfugiés dans les régions du Nord irakien. 


Mossoul est alors devenue la dernière ville aux mains des sunnites, parmi lesquels un sentiment d’oppression n’a cessé de croître. Certaines tribus sunnites du Nord se sont finalement alliées aux djihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EEIL) pour faire valoir leur colère contre le nouveau gouvernement, à travers des actes barbares, d’attaques en exécutions. Daech est né.

Côté irakien, près de 40.000 combattants sont mobilisés (kurdes et alliés internationaux compris) contre 3000 à 4500 rivaux pour Daech. Mais si les forces sont clairement disproportionnées, la bataille n’est pas gagnée pour autant. Les combattants de Daech, lourdement armés, comptent faire pression sur la ville occupée et se servir des civils comme bouclier humain.

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Le terrain urbain de la ville de Mossoul, à l’avantage des djihadistes, promet de rendre l’affrontement compliqué. Entre tranchées, drones piégés, puits incendiés, opération kamikazes ou encore tirs de sniper, les djihadistes se sont longuement préparés à cet affrontement. Selon les spécialistes, cette bataille pourrait durer des semaines voire des mois, selon l’acharnement des combattants de Daech. 

Avant les affrontements, Mossoul comptait 3 millions d’habitants. Perçu comme des libérateurs du régime chiite dans un premier temps, les combattants de Daech ont très vite assis leur pouvoir par la terreur, faisant fuir la moitié de sa population en deux ans. 

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Bataille de Mossoul : près de 700.000 civils attendus dans les camps périphériques

Il reste aujourd’hui 1,5 million de civils dans la ville (soit l’équivalent de l’agglomération lyonnaise), qui seront en première ligne pendant cette bataille. Les associations humanitaires ont mis en garde : 700.000 personnes devraient se réfugier hors de la ville dans les prochaines semaines, malgré les champs de mines disséminés autour de Mossoul par les djihadistes. 

Presque plus que la guerre en elle-même, la paix sera déterminante pour l’avenir de l’Irak. Si le gouvernement chiite reprend la main sur Mossoul, les minorités sunnites en Irak risquent de vivre cet affrontement comme une nouvelle  invasion. Ces haines et ressentiments constituent un terreau fertile pour les djihadistes. 

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