Aigle Azur: 14 offres de reprise mais un avenir encore flou pour les salariés

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AVIONS - Une série de repreneurs potentiels a manifesté leurs intérêts pour Aigle Azur, mais pour les 1.150 salariés de la compagnie aérienne, spécialiste de la desserte de l'Algérie, l'avenir reste incertain.

Aigle Azur a reçu 14 offres de reprise, qui sont à améliorer et "ne sont pas exécutables en l'état", a indiqué lundi la compagnie aérienne à l'issue d'un Comité d'entreprise (CE) extraordinaire entamé dans l'après-midi. L'administrateur judiciaire d'Aigle Azur a reçu "14 manifestations d'intérêt essentiellement pour des actifs isolés", mais également pour des "projets de reprise plus globaux", a précisé la société placée en redressement judiciaire, dans un communiqué en fin de soirée. 

"Ces offres de reprise de la société sont toutes à parfaire et ne sont pas exécutables en l'état", selon la même source, qui précise que "leur sérieux industriel et leurs financements devront être confirmés dans les délais impartis". Pour Denis Sanchez, représentant de FO SNPNC, interrogé à l'issue du CE, l'exposé des offres a été "sommaire", offrant une "première image" avant une possible évolution des propositions. "Avec les organes de la procédure, l'administrateur judiciaire va désormais tenter de mettre en état ces offres afin de parvenir à un plan de cession", a de son côté indiqué Aigle Azur dans son communiqué.

Une offre d'Air France

Interrogé plus tôt lundi sur franceinfo, le secrétaire d'État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari avait mentionné "des déclarations d'intention et des offres partielles qui sont des offres partielles hautes", évoquant "celles d'Air France ou celle de Gérard Houa, qui préservent la grande majorité des emplois".

Air France a confirmé à l'AFP avoir déposé une offre, sans en donner la teneur dans l'immédiat. Le groupe Dubreuil, propriétaire majoritaire d'Air Caraïbes, a également indiqué à l'AFP avoir déposé une telle offre, restant lui aussi avare de détails. Lu Azur, dirigée par Gérard Houa, déjà actionnaire d'Aigle Azur à hauteur de 20%, a annoncé avoir proposé de reprendre 90% des activités.

D'après la CFDT, Air France reprendrait 70% du personnel basé en France et l'offre Dubreuil 106 personnes. Avec ces deux offres combinées, il resterait encore 150 personnes sur le carreau. Parmi les autres repreneurs éventuels, EasyJet a confirmé à l'AFP "avoir fait part de son intérêt quant aux opérations d'Aigle Azur à Orly". Vueling a fait de même, selon une source syndicale. 

9.800 créneaux horaires annuels

Le grand acteur espagnol du "low cost" est avant tout intéressé par les créneaux d'atterrissage dont Aigle Azur dispose à Paris-Orly. Il s'agit d'un ensemble de 9.800 créneaux horaires annuels dans cet aéroport où le total pour toutes les compagnies est plafonné à 250.000. 

En redressement judiciaire, Aigle Azur est dans une telle impasse financière qu'il ne peut ni dédommager financièrement ses clients, ni même assurer le rapatriement des voyageurs dont le vol retour a été annulé. "Sur les 19.000 passagers qui se sont retrouvés en difficulté au plus fort de la crise, il en reste encore 13.000", a précisé lundi Jean-Baptiste Djebbari. "Dont 11.000 sur des vols avec l'Algérie, 600 avec le Mali, puis le Portugal, la Russie, le Liban, et quelques dizaines de personnes avec le Brésil, l'Ukraine et le Sénégal". Avec ses 11 avions, Aigle Azur a transporté 1,88 million de passagers en 2018.

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Un nouveau CE extraordinaire se tiendra vendredi en milieu de journée pour donner un avis sur les propositions des repreneurs, avant une audience au tribunal de commerce lundi prochain.

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