"Très mauvais président" : Salvini s'en prend à Macron, la France ne jouera pas au "concours du plus bête"

"Très mauvais président" : Salvini s'en prend à Macron, la France ne jouera pas au "concours du plus bête"
International

POLÉMIQUE - Après des propos désobligeants de Matteo Salvini à l'égard d'Emmanuel Macron, la France a réagi ce mercredi par la voix de sa ministre des Affaires européennes. Cette nouvelle attaque verbale de l'Italie détériore un peu plus le climat entre les deux nations.

Le ton monte avec nos amis italiens. Ce mercredi, lors du compte-rendu du Conseil des ministres, Nathalie Loiseau, ministre des Affaires européennes, a tenu à remettre les points sur les "i" après des propos d’une rare agressivité de l’homme fort du gouvernement italien, Matteo Salvini, à l’égard d’Emmanuel Macron. Elle a affirmé que l’intention de la France "n'est pas de jouer au concours de celui qui est le plus bête".

Mardi, le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini, qui tente d'organiser un front européen de l'extrême droite contre les pro-européens dont Emmanuel Macron aimerait être le leader, a dit espérer que le peuple français se libère bientôt d'un "très mauvais président". "J'espère que les Français pourront se libérer d'un très mauvais président, et l'occasion est celle du 26 mai (les élections européennes) quand finalement le peuple français pourra reprendre en main son avenir et son destin, son orgueil mal représenté par un personnage comme (Emmanuel) Macron", a affirmé sur Facebook Salvini.

Une attaque inédite entre responsables de pays fondateurs de l'UE mais qui est loin d’être la première. Depuis son entrée au gouvernement, Matteo Salvini a souvent exprimé ses différences et même une certaine forme de mépris à l’encontre du président français. Il a quelques semaines lui et le vice-président du gouvernement Luigi Di Maio avaient apporté leur soutien total au mouvement des Gilets jaunes. Salvini avait accusé le président français de gouverner "contre son peuple" et enfoncé le clou en allant jusqu'à souhaiter son départ au "plus vite".

Vers une guerre des mots ?

Mais malgré cette attaque en règle, la ministre des Affaires européennes a laissé entendre ce mardi qu’Emmanuel Macron et son gouvernement ne se lanceront pas dans une guerre des mots ou dans des mesures de rétorsion à l'encontre de Rome. "Quand des propos sont excessifs à la fois par leur ton et par leur nombre, ils deviennent insignifiants", tacle-t-elle.

"Je me rendrai en Italie quand le climat sera apaisé"

Quoiqu’il en soit, Paris n’enverra pas dans les prochains jours ou les prochaines semaines des ministres en Italie tant que la relation ne s’est pas apaisée. Nous avons beaucoup de choses à faire avec un voisin important qui est l'Italie, nous voulons continuer à pouvoir travailler", a relevé Nathalie Loiseau. "Est-ce que pour autant le climat permet toutes les visites ministérielles comme si de rien n'était ? Je me rendrai en Italie quand le climat sera apaisé", a-t-elle averti.

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L'ambassadrice d'Italie en France convoquée

Dimanche, le vice-Premier ministre Luigi Di Maio, chef de file du M5S, l'autre composante de la majorité gouvernementale italienne, avait accusé la France "d'appauvrir l'Afrique" et de pousser les migrants à rejoindre l'Europe par sa politique de "colonisation". L'ambassadrice d'Italie en France a été convoquée lundi au ministère français des Affaires étrangères après ces propos jugés "inacceptables et sans objet".

A l'exception de cette convocation, l'exécutif français est resté toutefois très mesuré dans ses réactions, soucieux de ne pas mettre de l'huile sur le feu avec Rome, alors qu'il est lui-même confronté à la crise des Gilets jaunes en France.

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