Tribune enflammée, double serment... quand les investitures américaines ne se passent pas comme prévu

Barack Obama prête serment lors de sa seconde investiture, en 2013

HISTOIRE - Joe Biden va officiellement devenir mercredi 20 janvier 2021 le 46ème président des États-Unis. Malgré un protocole réglé comme du papier à musique, les cérémonies d'investiture ne se passent parfois pas comme prévu. Retour sur les plus mémorables.

Plusieurs semaines après son élection, Joe Biden va officiellement être investi président des États-Unis. Son prédécesseur, Donald Trump, n'assistera pas à la cérémonie. Il faut remonter à 1869 pour trouver un autre président ayant refusé de se plier à cette tradition américaine. Retour sur quelques-unes des investitures américaines rentrées dans l'histoire. 

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Biden et Harris à la Maison Blanche

Quatre investitures sans président sortant

L'absence de Donald Trump à l'investiture de son successeur est une rupture avec la tradition... qui a déjà eu des précédents. En 1801, le deuxième président américain John Adams boude l'investiture de son successeur Thomas Jefferson. Battu, il sape la réputation de son ancien vice-président et quitte la Maison Blanche à l'aube du 4 mars, jour de l'investiture.

Son propre fils, John Quincy Adams, remporte dans des conditions contestées l'élection en 1824, face à Andrew Jackson qui crie au vol. Quatre ans plus tard et après une violente campagne, Jackson prend sa revanche. Les deux hommes ne se rencontrent pas et Adams s'éclipse la veille de la cérémonie.  

En 1841, pour des raisons toujours inconnues, le démocrate Martin Van Buren manque la cérémonie de William Henry Harrison.   

Le 4 mars 1869, Andrew Johnson reste à la Maison Blanche pendant l'investiture de son successeur, Ulysses Grant, qui avait refusé de partager sa calèche avec lui sur le chemin du Capitole. 

La tribune de Kennedy en feu

À la suite du court-circuit d'un moteur électrique, la tribune où le président Kennedy prête serment le 20 janvier 1961 s'enflamme.  Tandis que JFK reste imperturbable, des agents de sécurité envahissent le podium, croyant à un attentat. 

Lincoln et son futur assassin

Sur le chemin de Washington pour son investiture le 4 mars 1865, Abraham Lincoln échappe à un attentat. Clin d'œil cruel du destin, alors qu'il prête serment pour son second mandat quelques heures plus tard, John Wilkes Booth, son futur assassin, se trouve tout près de lui sur les marches du Capitole. Booth confiera après son arrestation avoir regretté de ne pas avoir de pistolet ce jour-là: "j'aurais eu une excellente occasion de tuer le président si je l'avais voulu". 

Une investiture dans l'avion

Quelques heures après l'assassinat de Kennedy à Dallas, le 22 novembre 1963, son vice-président Lyndon B. Johnson est investi en urgence dans l'avion présidentiel Air Force One, parqué au sol à l'aéroport. 

Double serment pour Obama

En 2009, Barack Obama se trompe dans le texte du serment devant une assistance médusée de près de deux millions de personnes. En cause, les termes prononcés dans le désordre par le président de la Cour Suprême. Par précaution, le 44e président prête une nouvelle fois serment le lendemain à la Maison Blanche. 

Plus tôt dans l'histoire américaine, la même mésaventure était arrivée à Herbert Hoover. En 1929, le président de la Cour suprême avait quasiment réinventé le texte constitutionnel. 

L'investiture sous la neige

A partir de 1937, l'"Inauguration day" est avancé au 20 janvier, en plein hiver.

En janvier 1961, avant le discours de Kennedy, l'armée fait fondre au... lance-flammes une couche de 20 centimètres de neige fraîche sur l'artère du traditionnel défilé entre le Capitole et la Maison Blanche.

En 1985, Ronald Reagan, 73 ans, se réfugie à l'intérieur du Capitole pour prêter serment, laissant la foule et ses 140.000 invités patienter dehors où le thermomètre affiche...-13°C. 

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Les grandes phrases

Quelques mots tirés de discours inauguraux sont restés dans les livres d'histoire. 

Pour sa seconde investiture en 1793, George Washington prononce le discours le plus court : 135 mots à peine contre une allocution de plus de deux heures pour le président William H. Harrison en 1841. Pour l'anecdote, ce dernier mourait un mois plus tard d'une pneumonie. 

"La seule chose dont il faut avoir peur, c'est de la peur elle-même". Cette phrase lancée par Franklin D. Roosevelt le 4 mars 1933, en pleine Dépression, est restée gravée dans les mémoires. 

Le 20 janvier 1961, en pleine guerre froide, John Fitzgerald Kennedy appelle ses compatriotes à leur esprit patriote : "ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays!".  

"Le carnage s'arrête ici et maintenant", s'écrie grandiloquent Donald Trump le 20 janvier 2017, promettant de rendre au "peuple", le pouvoir que l'establishment washingtonien lui a "volé"

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