"Trompeuses et nocives" : Malte promulgue une loi interdisant les thérapies anti-homosexualité

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DROITS LGBT - Une loi interdisant la promotion de thérapies anti-homosexualité a récemment été promulguée à l'unanimité par le gouvernement maltais. Les professionnels de la santé reconnus coupables de prescrire ces "cures" sont désormais passibles d'une amende de 10.000 dollars et d'un an d'emprisonnement. Une avancée majeure dans ce pays où l'avortement est toujours proscrit...

Malte est le premier pays européen à interdire les cures anti-homosexualité. Un nouveau projet de loi, présenté en 2015 et stipulant que tout professionnel de la santé reconnu coupable de prescrire ces "thérapies" sera condamné à une amende ou à une peine de prison, vient d’être promulgué à l’unanimité. En outre, essayer de changer, réprimer ou éliminer "l'orientation sexuelle", "l'identité de genre" ou "l'expression sexuelle" d'une personne est désormais considéré comme une infraction pénale à Malte. La promotion de la guérison ayant été qualifiée de "trompeuse et nocive" par le gouvernement. 

Si les personnes promouvant des cures anti-homosexualité se risquent à une amende de 5000 dollars et à une peine d’emprisonnement, les médecins sont ceux qui encourent la plus lourde pénalité : 10.000 euros d’amende et un an de prison. Plusieurs organismes professionnels maltais, parmi lesquels l'Association maltaise de psychiatrie et l'Association maltaise de la thérapie familiale et de la pratique systémique ont approuvé cette décision dans un communiqué commun. "Non seulement (la thérapie relative à la guérison de l’homosexualité, NDLR) rejette un groupe d'individus sur la base de préjugés non fondés et de manque de tolérance à la diversité, mais elle empiète également sur la reconnaissance internationale des droits LGBT". 

Une terre où il fait bon vivre

Malte est reconnu comme étant l’un des pays européens les plus respectueux des droits LGBT. Pour preuve, l’homosexualité est devenue officiellement légale en 1973 sur l’île, alors qu’elle fut dépénalisée en France en 1982 et retirée de la liste des maladies mentales par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans les années 90. C’est dire ô combien Malte demeure l’un des pays les plus ouverts sur le sujet, alors que plus de 70 Etats du monde la criminalise encore. En 2007, L’Express soulignait par ailleurs qu’elle était passible de peine de mort dans huit pays.  

Mais à Malte il faut bon vivre pour la communauté LGBT. Au fur et à mesure des années, les couples de même sexe ont ainsi pu s’unir à la mairie en bénéficiant des mêmes droits que les couples hétérosexuels mariés et adopter des enfants. En 2013, Malte a pour la première fois, accordé son droit d’asile à un Nigérian de 18 ans, persécuté en raison de son homosexualité, ainsi qu’à une personne transgenre en 2015. 

Le paradoxe avec l'interdiction d'avorter

Moderniste sur les droits LGBT, Malte conserve néanmoins une vision archaïque de l'avortement : il est en effet l'un des seuls pays européens à proscrire l'IVG. Sur l’île, l'interruption volontaire de grossesse est passible d'une peine d'emprisonnement allant de 18 mois à 3 ans et ce, même s'il s'agit d'un cas de viol ou que le foetus n'a aucune chance de survie. "J’ai moi-même vu deux enfants naître avec une anencéphalie, c’est à dire sans cerveau, et avec le syndrome d’Edwards, qui n’est pas compatible avec la vie. Et les mères qui les avaient porté étaient là, à les regarder mourir dans des incubateurs", explique la psychothérapeute, Eleanor Borg à Euronews.

Comme le rapporte le site, le ministère de l’Education maltais a également mis en place des centres pour accueillir les futures mamans adolescentes. Des programmes de soutien sont ainsi suivis par des jeunes filles âgées de 12 à 18 ans, parce que parait-il,  "chaque vie mérite de venir au monde". 

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