Trump accuse de "terrorisme" les Gardiens de la Révolution, l'Iran riposte

International
POLITIQUE - Pour l'administration américaine, les Pasdaran sont en grande partie responsables de la "déstabilisation" du Moyen-Orient. Et ils constituent une "mafia" adepte du "racket", qui contrôle au moins "la moitié de l'économie iranienne".

Les Etats-Unis ont placé, lundi, les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du régime iranien, sur leur liste noire des "organisations terroristes étrangères", un geste "sans précédent" pour renforcer la pression économique sur Téhéran. C'est "la première fois" qu'une organisation "faisant partie d'un gouvernement étranger" est ainsi visée par Washington, a souligné Donald Trump dans un communiqué. Cette décision sera effective le 15 avril.


L'Iran a immédiatement dénoncé un "dangereux fiasco des Etats-Unis dans la région", et a riposté en affirmant considérer désormais le "régime" américain comme un "Etat parrain du terrorisme" et les forces américaines au Moyen-Orient comme des "groupes terroristes".

Mettre à l'index les Pasdaran

L'Iran figure déjà depuis 1984 sur la liste américaine très restreinte des "Etats soutenant le terrorisme". L'idée de mettre plus clairement à l'index les "Pasdaran", armée spéciale créée en 1979 dans le but de protéger la Révolution islamique iranienne des menaces étrangères et intérieures, planait depuis l'arrivée du milliardaire républicain à la Maison Blanche.


Selon le président des Etats-Unis, il s'agit désormais de reconnaître "que les Gardiens participent activement au terrorisme, qu'ils financent et promeuvent". Pour l'administration américaine, les Gardiens de la Révolution sont en grande partie responsables de la "déstabilisation" du Moyen-Orient qu'elle reproche à l'Iran. Et ils constituent en outre une "mafia" adepte du "racket", qui contrôle au moins "la moitié de l'économie iranienne".


Pour leur couper les vivres, Washington interdisait déjà à quiconque de faire affaire avec eux, sous peine de sanctions économiques américaines. Avec la décision de lundi, tout soutien matériel à cette unité gouvernementale iranienne devient un crime fédéral, ce qui constitue une arme de "dissuasion massive" aux yeux de la diplomatie américaine.


"Si vous faites affaire avec les Gardiens de la révolution, vous financez le terrorisme", a prévenu le président des Etats-Unis, tandis que son secrétaire d'Etat Mike Pompeo a appelé toutes les "entreprises et banques à travers le monde" à couper tout lien financier avec eux.

Téhéran : l'ennemi numéro un de Trump

La force Qods est également placée sur la liste noire américaine des "organisations terroristes". Cette unité d'élite des "Gardiens" est leur branche extérieure qui soutient les forces alliées de l'Iran au Moyen-Orient, comme les troupes du président syrien Bachar al-Assad, le Hezbollah au Liban, ou encore les autorités irakiennes dans la lutte antijihadistes.


Depuis deux ans, Donald Trump a fait du régime de Téhéran son ennemi numéro un. Première conséquence spectaculaire de ce changement de cap, il a retiré en mai 2018 les Etats-Unis de l'accord international de 2015 censé empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique, signé sous son prédécesseur démocrate Barack Obama mais jugé trop laxiste par l'homme d'affaires républicain. Dans la foulée, Washington a rétabli toutes les sanctions levées en échange de l'engagement nucléaire iranien, et a promis les mesures punitives "les plus fortes de l'histoire".


Tout en assurant que l'objectif n'était pas un changement de régime mais "un changement de comportement de la part du régime iranien", Mike Pompeo avait alors énoncé une liste de 12 conditions draconiennes pour relâcher la pression et conclure un "accord global" avec Téhéran.

Mais pour l'instant, même si les sanctions nuisent à l'économie iranienne, les deux pays ennemis campent sur leurs positions. Les Etats-Unis tentent de forger une "coalition" anti-iranienne, mais avec des résultats mitigés, les Européens étant toujours furieux du retrait américain de l'accord nucléaire. Seuls certains pays arabes du Golfe, comme l'Arabie saoudite, et Israël sont totalement derrière la démarche américaine. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à la veille d'élections législatives délicates, a remercié lundi son "cher ami" Donald Trump d'"avoir répondu positivement" à sa "demande".

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter