Donald Trump est en train de devenir modéré... vraiment ?

CHANGEMENT DE STYLE ? Donald Trump semble plus nuancé dans ses discours depuis sa victoire. Le nouveau président appelle même de ses voeux un pays où on"s'aime les uns les autres". Qu'en sera-t-il dans les actes ?

Y aurait-il deux Donald Trump ? Le candidat, excessif, sexiste et raciste. Et le président, mesuré et nuancé ? "Je veux un pays où on s'aime les uns les autres". Vous avez bien lu, c'est bien le nouveau locataire de la Maison Blanche qui a prononcé cette phrase !  Depuis mercredi, l'excessif candidat semble adapter son discours à son nouveau costume présidentiel. Dans une interview  au Wall Street journal il semble même avoir tempéré certaines de ses promesses de campagne les plus catégoriques. Jusqu'où peut-on le croire ? Voici quelques éléments. 

Il ne veut plus enterrer l'Obamacare

Pendant la campagne, Donald Trump n'avait pas laissé l'ombre d'un doute : il supprimera la réforme de l'assurance maladie. "Si nous n'abrogeons pas la réforme Obamacare, nous allons détruire le système de santé américain pour toujours", avait-il affirmé.


Mais vendredi, coup de theâtre : "L'Obamacare sera soit amendée, soit abrogée, soit remplacée", a t-il déclaré... ouvrant la voix à une inflexion évidente de sa promesse de campagne. Plus précisement, Donald Trump songerait  à conserver l'interdiction faite aux assureurs de refuser un patient en raison de son état de santé et la possibilité pour des parents de faire bénéficier plus longtemps leurs enfants de leur couverture santé. "J'aime beaucoup ces deux dispositions", a t-il ajouté. 

En vidéo

Trump va-t-il vraiment abroger l'Obamacare?

Il négocie avec Obama

Qui a fait changer Donald? Comme le confie l'intéressé au Wall street Journal, Barack Obama a su le convaincre de revoir sa position sur ce sujet. En effet,  cette déclaration intervient le lendemain d'une rencontre à la Maison-Blanche avec Barack Obama. Une rencontre courtoise et mesurée. Loin des accusations outrancières du milliardaire contre Obama pendant la campagne.

En vidéo

Donald Trump se dit "impatient de travailler avec le président"

Il ménage Hillary Clinton

Autre changement : le dossier Clinton. Alors qu'il n'a cessé d'invectiver son adversaire démocrate tout le long de la campagne, Donald Trump a adressé des message teintés de compassion à son égard depuis sa victoire. "Je la félicite pour cette campagne dans laquelle, elle et sa famille, ont mis beaucoup d'investissement. Elle a beaucoup travaillé pour ce pays et nous lui sommes redevables". 


Mais la forme est accompagné du fond. Car celui qui s'était promis de traduire Hillary Clinton en justice pour l'affaire des emails, a désormais tempéré son engagement.  "Ce n'est pas ma priorité", a t-il déclaré. Dans une interview à CBS, il aurait même ajouté être prêt à recevoir des conseils de Bill Clinton. "Bill est un homme très talentueux – les deux, d'ailleurs. C'est une famille très talentueuse. Je pourrais très certainement les appeler pour les consulter à l'avenir", a t-il dit. 


Reste que l'ancien maire de New York, Rudy Giuliani, un des plus proches conseillers de Donald Trump et pressenti au ministère de la justice, n'a pas exclu d'engager des poursuites contre Hillary Clinton en raison d'agissements présumés frauduleux liés à la Fondation Clinton. "C'est une décision difficile. [...] Il est de tradition en politique de passer à autre chose. Mais d'un autre côté vous devez regarder à quel point ce n'est pas bien."

Le mur mexicain : no comment

En revanche, Donald Trump s'est montré peu disert sur la mesure-phares de sa campagne : sa promesse de construire un mur à la frontière mexicaine. Long de 1600 km, Donald Trump a martelé que ce mur permettrait de mettre un terme à l'immigration illégale et empêcher l'entrée aux Mexicains, qualifiés de "violeurs" et de "trafiquants de drogue". Et selon Jean-Eric Branaa, spécialiste des États-Unis et maître de conférences à l'Université Paris 2 Panthéon-Assas, interrogé par LCI, le projet est "potentiellement réalisable". Pire, celui-ci estime "que ce sera l'une des premières mesures que mettra en place Donald Trump" dès sa prise de fonction le 20 janvier prochain.  La puissance symbolique de cette construction est telle que je ne vois pas comment il pourrait y échapper", conclut Jean-Eric Branaa. 


Une question qui pourrait toutefois avoir un impact sur la scène internationale. Car si nombre de chefs d'États l'ont félicité -certains du bout des lèvres -, et se disent prêts à travailler avec lui, la prudence est de mise face à l'imprévisibilité dont a fait preuve jusqu'ici le nouveau président des États-Unis. 


Autre question qui taraude la communauté internationale : l'accord sur le réchauffement climatique signé à Paris en décembre 2015 par 195 pays. Pendant sa campagne, Donald Trump a martelé que les Etats-Unis se retireraient de l’accord si'il était élu. Des "déclarations inquiétantes",  a estimé Ban Ki-Moon, l'actuel secrétaire général de l'ONU. Mais selon lui, pas de panique à bord. "Je suis sûr qu’il comprendra toute l’importance, la gravité et l’urgence » de ce dossier, a-t-il affirmé vendredi 11 novembre. Avant d'ajouter : "Si quelqu’un cherchait à défaire l’accord ou à faire dérailler tout ce processus, cela créerait de graves problèmes », a t-il averti. Il a en outre fait valoir que "la communauté internationale a montré en décembre à Paris son unité et sa forte détermination à traiter ce problème".  Ban Ki-Moon a par ailleurs indiqué qu’il souhaitait rencontrer Donald Trump avant de quitter son poste fin décembre. 

Mais il ne regrette pas la virulence de sa campagne

En attendant son entrée officielle à la Maison-Blanche le 20 janvier prochain, Donald Trump doit composer avec une défiance d'une partie de la population américaine. En effet, depuis son élection, des manifestations sont organisées tous les jours. Des milliers d'américains défilent avec ce message clair et sans équivoque : "On ne veut pas de vous comme président!".  Une pétition mise en ligne sur le site Change.org demande aux grands électeurs républicains désignés le 8 novembre pour apporter leur voix à Donald Trump de changer d’avis pour finalement élire Hillary Clinton. 


Mais pour Donald Trump, c'est la presse qui est à la manoeuvre de ces manifestations, dans un tweet daté du 11 novembre. « Nous venons d’avoir une élection présidentielle couronnée de succès et transparente. Et maintenant, des manifestants professionnels, incités par les médias, manifestent. Très injuste ! »

Avant de se raviser le lendemain et d'envoyer un message de compréhension envers les manifestants. "Cela se révélera être un grand moment dans la vie de tous les Américains. Nous allons nous unir et nous allons gagner, gagner, gagner!"

Reste une question : Donald Trump, qui apparaît plus nuancé dans ses dicours publics, regrette t-il la virulence de sa campagne. "Non, j'ai gagné", répond -il au Wall street Journal. 

En vidéo

JT WE - Etats-Unis : Trump édulcore son discours, les manifestations de ses opposants se poursuivent

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La présidence Donald Trump

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter