Trump et Netanyahu main dans la main contre la politique d'Obama

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ENTENTE CORDIALE - Au cours de leur entretien téléphonique dimanche soir, Donald Trump et Benjamin Netanyahu sont apparus sur la même longueur d'onde. À l'image de la question du nucléaire iranien, point central de la discussion, les deux hommes s'accordent à bousculer la politique d'Obama au Moyen-Orient.

Détricoter l'héritage d'Obama. C'est que s'adonne manifestement à faire Donald Trump. Trois jours à peine après son arrivée au Bureau ovale, le nouveau président s'est déjà attaqué à deux chantiers chers à son prédécesseur. L'Obamacare, qu'il promet de vider de sa substance par la voie d'un décret, et sur le plan international, le conflit israélo-palestinien, dont Barack Obama avait fait l'une de ses préoccupations majeures. Un coup de téléphone dimanche a envoyé des signaux indiquant là aussi que la politique d'Obama à l'égard d'Israël a sérieusement du plomb dans l'aile.  

À l'autre bout du fil : Benjamin Netanyahu, avec qui Barack Obama entretenait une relation particulièrement tendue. Ce dernier parti, le Premier ministre israélien ne cache pas son enthousiasme de devoir désormais dialoguer avec Donald Trump. Il l'avait d'ailleurs chaleureusement félicité après son élection.  

L'accord nucléaire iranien au cœur des préoccupations

Benjamin Netanyahu "a exprimé son désir de travailler étroitement avec le président Trump pour forger une vision commune afin de faire avancer la paix et la sécurité dans la région" à l'issue de leur entretien téléphonique. Et un premier dossier délicat a été évoqué : l'accord nucléaire conclu en 2015 avec l'Iran en contrepartie de la levée des sanctions économiques qui pesaient sur Téhéran. Un accord mené sous l'égide de Barack Obama, et que Netanyahu avait qualifié "d'erreur historique". "La première priorité de l'Etat d'Israël est de lever la menace que fait peser le mauvais accord nucléaire conclu par l'Iran", avait annoncé Netanyahu avant l'entretien téléphonique. Un sujet qui prime sur la guerre en Syrie, avait-il ajouté. 

Ainsi, inquiet d'être sous la menace de son voisin iranien, qui a réclamé à plusieurs reprises la destruction pure et simple de l’État hébreu, le Premier ministre israélien avait besoin de garanties du nouveau locataire de la Maison Blanche. Rien n'a filtré à ce sujet pour le moment. Tout juste sait-on que pendant la campagne présidentielle, Donald Trump avait qualifié cet accord conclu avec Téhéran "d'un des pires qui a jamais été signé". Ce qui laisse donc penser que les deux hommes ne sont pas résolument opposés sur cette question, bien au contraire. 

Un transfert d'ambassade tendancieux

Durant la campagne, Donald Trump avait également pris un autre engagement lourd de sens  : celui de transférer l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem. Comme un nouveau signal positif destiné à son homologue israélien puisque ce transfert appuierait insidieusement la position d'Israël. Car cette dernière considère en effet l'ensemble de Jérusalem comme sa capitale indivisible, tandis que  les Palestiniens veulent quant à eux faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent. Un transfert litigieux qui pourrait donc échauder la communauté palestinienne et venir compromettre une recherche de solution à deux États. "Nous en sommes au tout début du processus consistant ne serait-ce qu'à aborder ce sujet", a tenu à temporiser Sean Spicer, porte-parole de Donald Trump.

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"Huit années difficiles avec Obama"

"Les règles du jeu ont changé avec l'arrivée au pouvoir de Donald Trump. Nous n'avons plus les mains liées comme du temps de Barack Obama", s'est réjoui Meïr Turjeman, l'adjoint au maire de la Ville sainte. Des mots très vite remplacés par les actes. Car deux jours après l'investiture de Trump, la mairie israélienne de Jérusalem a ainsi annoncé son feu vert définitif à la construction de 566 logements dans les quartiers de colonisation de Pisgat Zeev, Ramot et Ramat Shlomo à Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville occupée et annexée par Israël. "Nous avons des plans pour la construction de 11.000 logements qui attendent des autorisations" à Jérusalem-Est, a-t-il poursuivi.

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, a précisé dans un communiqué que 105 logements seraient également construits dans les quartiers palestiniens, se félicitant de la fin des "huit années difficiles avec Obama".

L'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a condamné dans un communiqué ces projets de colonisation, appelant l'ONU à agir pour "stopper le gouvernement extrémiste israélien qui détruit toute possibilité de parvenir à une solution à deux Etats".

L'ONU avait en outre voté le 23 décembre dernier une résolution condamnant les colonies dans les territoires palestiniens occupés par l'Etat hébreu depuis 1967. Un vote rendu possible par l'abstention des États-Unis qui avaient jusque-là toujours mis leur veto sur cette question depuis 1979. Un message fort envoyé par Barack Obama dans les derniers jours de sa présidence. 

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