Corée du Nord / Etats-Unis : les enjeux d’un sommet historique et incertain

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Corée du Nord-États-Unis : sommet historique entre Kim Jong-un et Trump

DIPLOMATIE – Donald Trump et Kim Jong Un doivent se rencontrer mardi, à Singapour. Un tête-à-tête durant lequel le nucléaire nord-coréen devrait être débattu, et dont l’issue s’annonce incertaine.

Du jamais vu. Pour la première fois, un président américain en exercice et un dirigeant nord-coréen ont prévu de se rencontrer, ce mardi, à Singapour. Une "occasion unique" de résoudre la question du nucléaire nord-coréen, a martelé Donald Trump, après des décennies d'antagonisme et de méfiance.

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Pourquoi ce sommet ?

Ce sommet a pris forme un soir de mars à la Maison Blanche lorsqu'un émissaire sud-coréen a transmis une invitation de Kim Jong Un que Donald Trump a acceptée sur-le-champ, à la surprise générale. Il faut dire que le président américain a été beaucoup moins exigeant que ses prédécesseurs avant de s'asseoir à la même table que le dictateur nord-coréen : "Les gens parlent d'un sommet historique (...) Mais il est important de garder à l'esprit que ce sommet était possible pour tout président américain qui aurait souhaité le faire et qu'aucun ne l'a souhaité, pour de bonnes raisons", a souligné à l’AFP Christopher Hill, ancien négociateur américain sur le dossier.

Pourquoi le choix de Singapour ?

Après s'être montré tenté par un sommet à la frontière entre les deux Corées, Donald Trump a opté pour Singapour. Le choix de cette cité-Etat neutre et ultramoderne d'Asie du Sud-Est n’est pas un hasard. Il fallait "trouver un endroit neutre où Trump et Kim puissent se sentir tous deux en sécurité tout en fournissant le cadre spectaculaire dont ils ont besoin pour ce sommet historique", a souligné Jean Lee, experte du groupe de réflexion Wilson Center, sur Twitter. Il fallait aussi que ce soit "assez proche" de Pyongyang "pour que Kim puisse s'y rendre dans son petit avion". En effet, l'Iliouchine-62 du régime nord-coréen - surnommé "Air Force Un" - est un appareil de fabrication soviétique vieillissant. Et les experts en aéronautique doutaient de sa capacité à voler jusqu'à Singapour…

Que peut-on attendre du sommet ?

Des avancées sur l'épineuse question du nucléaire. Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, le plus haut responsable américain à avoir rencontré Kim Jong Un, a déclaré que le numéro un nord-coréen l'avait personnellement informé que Pyongyang était disposé à la dénucléarisation. Donald Trump n'y est pas allé par quatre chemins : "Ils doivent dénucléariser. S'ils ne dénucléarisent pas, cela ne sera pas acceptable".

Problème : de son côté, la Corée du Nord répète, elle, qu'elle est engagée derrière la dénucléarisation de la péninsule. Une formule qui constitue un euphémisme diplomatique sujet à interprétation. Pyongyang n'a pas fait connaître publiquement quelles concessions il serait prêt à faire. Selon Séoul, le Nord propose d'envisager de renoncer à ses armes nucléaires en échanges de garanties de sécurité non précisées. Lorsque Kim Jong Un s'est rendu en mars chez son principal allié, la Chine, son premier voyage officiel à l'étranger depuis son arrivée au pouvoir, il avait dit, selon les médias officiels chinois, que la question pouvait être réglée si Séoul et Washington adoptaient "des mesures progressives et synchronisées pour la réalisation de la paix", impliquant une espèce de compromis.

Autre problématique : celle des prisonniers du régime nord-coréen. Le rapporteur de l’ONU sur la Corée du Nord, qui est mandaté par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, mais qui n'a pas eu le feu vert de Pyongyang pour visiter le pays, a plaidé pour leur libération. S’il ne sait pas personnellement combien de prisonniers sont détenus en Corée du Nord, il a cité un rapport d'une commission d'enquête de l'ONU affirmant il y a quatre ans qu'il y a entre 80.000 à 120.000 prisonniers politiques dans des camps.

Et la guerre de Corée ?

Si les discussions sur le nucléaire n'aboutissent pas, celles sur la résolution du conflit pourraient quant à elle se révéler productives. La guerre de 1950-1953 avait en effet été conclue avec un armistice et non par un traité de paix : Nord et Sud sont donc techniquement toujours en guerre.

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