Tuerie après tuerie, les Républicains ne bougent pas : "Touche pas à mon flingue !"

Tuerie après tuerie, les Républicains ne bougent pas : "Touche pas à mon flingue !"
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FOUS DE LA GÂCHETTE - Les candidats Républicains ont exprimé leurs condoléances après la tuerie qui a fait dix morts, dont le tireur présumé, jeudi dans l’Oregon. Mais aucun ne veut toucher au sacro-saint second amendement de la Constitution des Etats-Unis, qui garantit, sous conditions, à tout citoyen le droit de porter des armes.

Dix morts, dont le tireur présumé lourdement armé, et sept blessés graves. C’est le terrible bilan de la fusillade qui a éclaté jeudi sur le campus américain de l'Umpqua Community College, à Roseburg, dans l’Oregon (nord-ouest des Etats-Unis). Une tuerie de plus en milieu scolaire qui n’a pas manqué de remettre le débat sur le contrôle des armes aux Etats-Unis sur le devant de la scène.

L'impuissance des démocrates

Le sujet a été porté par Barack Obama en personne. "Quelqu'un qui veut faire du mal aux autres ne devrait pas pouvoir mettre la main sur un fusil aussi facilement", a regretté le président des Etats-Unis, appelant une nouvelle fois le Congrès – dont les deux chambres sont contrôlées par le parti républicain depuis janvier – à légiférer. Que ce type de tragédie soit rendu possible "est un choix politique", a-t-il dénoncé, tout en exprimant sa tristesse pour les familles et les proches des victimes.

La candidate à l’investiture du parti démocrate Hillary Clinton a elle aussi vite dégainé. "Nous avons besoin de mesures pour contrôler les armes à feu et sauver des vies, et je ferai tout mon possible pour y arriver", a lancé l’ancienne Première dame sur Twitter.

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Déni de réalité

Côté républicain, en revanche, aucun des candidats sur la ligne de départ pour la présidentielle 2016 n’a souhaité rendre le contrôle des armes plus strict après cette nouvelle tragédie. "Ce sont des choses qui arrivent", a tout juste commenté l’ancien gouverneur de Floride Jeb Bush, se prenant au passage quelques scuds au retour. "Il y a toujours une crise et l’on ressent toujours le besoin de faire quelque chose et ce n’est pas toujours nécessairement la bonne chose à faire."

Grande gagnante du second débat républicain, la candidate Carly Fiorina s’est quant à elle contentée de souligner que la fac où le drame a eu lieu était une zone où les armes étaient interdites, ce que le tireur n’avait respecté. "Avant d’appeler à de nouvelles loi, je pense que nous devrions nous demander pourquoi nous n’appliquons pas les lois que nous avons", a-t-elle temporisé depuis la Caroline du Sud, récemment endeuillée par la tuerie de Charleston. Il n’y a "aucune preuve que les lois encadrant les armes empêcheraient ces fusillades", a abondé le sénateur de Floride Marco Rubio depuis l’Iowa.

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Pas touche au second amendement

Plusieurs d’entre eux ont ressorti l’argument classique de ceux qui s’opposent à ce que l’on touche au sacro-saint second amendement de la Constitution des Etats-Unis (qui garantit, sous conditions, à tout citoyen le droit de porter des armes) : le problème ne vient selon eux pas du nombre d’armes en circulation, mais de la santé mentale d’une minorité de ceux qui les portent. "Le contrôle des armes ne marche qu’avec les citoyens qui respectent la loi. Cela ne marche pas avec les fous", a expliqué l’ancien chirurgien Ben Carson.

Même son de cloche pour Donald Trump. "Ce n’est pas un problème d’armes, c’est un problème de santé mentale", a-t-il expliqué sur MSNBC . Le milliardaire s'y connait en défense des armes. En janvier dernier, il avait cru bon d'expliquer sur Twitter que la tuerie de Charlie Hebdo n’aurait peut-être pas eu lieu si les victimes avaient eu des armes sur elles.

Des candidats sur-armés

Ces (non) prises de position n’ont rien de surprenant pour des candidats républicains. "A chaque fois qu’il y a un nouveau massacre, les Républicains et la NRA (National Riffle Association, le très puissant lobby des armes aux Etats-Unis, Ndlr) disent 'ce n’est pas le moment de parler des armes', pointait du doigt Hillary Clinton vendredi. En septembre, le Telegraph avait envoyé un questionnaire aux 17 candidats en piste, et révélait que seuls trois d’entre eux avaient déclaré ne pas posséder d’arme, dont Jeb Bush. D’après le journal britannique, Lindsay Graham en aurait jusqu'à une dizaine chez lui, et certains de ses rivaux sont propriétaires d’armes lourdes.

Rappelons que les Etats-Unis sont le pays développé avec le taux le plus élevé d’armes à feu par habitants avec près de 89 armes pour 100 personnes, sans compter l’armement policier et militaire. Selon un décompte d’ Euronews sur la base de données publiées par le FBI, il y a 8124 morts par armes à feu chaque année aux Etats-Unis, contre 42 morts victimes du terrorisme.

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