Tunisie : des avancées majeures dans la future Constitution

Tunisie : des avancées majeures dans la future Constitution

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INTERNATIONAL - Les députés tunisiens ont entamé depuis vendredi un long bras de fer autour du vote de la future Constitution du pays. Des avancées majeures ont déjà été adoptées, notamment sur l'égalité des sexes et la laïcité.

Le progrès dans la douleur. Pas à pas, parfois dans une ambiance très tendue, les députés tunisiens planchent depuis vendredi sur la future Constitution. L'Assemblée espère boucler et adopter le texte définitif le 14 janvier prochain, soit trois ans jour pour jour après la chute de Ben Ali. Tout un symbole pour ce pays, plongé dans une grave crise politique due aux rivalités entre religieux et laïcs depuis sa Révolution de jasmin.

Sur les 146 articles que compte la future Constitution, environ un tiers du chemin a déjà été parcouru. Avec, parfois, des déconvenues. La peine de mort n'a par exemple pas été abolie. Un choix qu'a profondément regretté mercredi le président tunisien, Moncef Marzouki, qui militait en ce sens.

Les concessions d'Ennahda

Mais de nouvelles dispositions progressistes, inédites dans le monde musulman, ont été adoptées par l'Assemblée. Ainsi, s'il reste encore à trouver un consensus sur la formulation des droits des femmes, la Tunisie est devenue le premier pays du monde arabe à inscrire dans sa Constitution l'égalité entre les deux sexes.

Une disposition d'autant plus exceptionnelle qu'elle a été votée dans une assemblée dominée par les islamistes, représentés par le parti Ennahda, issu des Frères musulmans et majoritaire à l'Assemblée. Une résolution unique qui s'ajoute à d'autres concessions des islamistes sous la pression de l'opposition laïque et d'une société civile très vigilante.

La charia abandonnée

Ainsi - autre avancée majeure - la Tunisie a officiellement tourné le dos à la charia en inscrivant dans le préambule de sa Constitution, adoptée à une large majorité, la liberté de conscience : "L'Etat est le gardien de la religion. Il garantit la liberté de conscience et de croyance et le libre exercice du culte", souligne ainsi le texte.

Prochaine étape : l'organisation d'un nouveau scrutin, trois ans après la victoire surprise des islamistes en 2011. Le parti Ennahda au pouvoir a en effet accepté de céder la direction du gouvernement à une équipe de technocrates gestionnaires, chargés de conduire le pays jusqu'aux élections. Jeudi, au plus tard, le premier ministre Ali Larayedh doit céder son fauteuil a Mehdi Jomaa, ministre de l'Industrie, sans étiquette politique. Objectif : apaiser les tensions qui agitent le pays depuis la révolution, et clore le douloureux chapitre de la transition démocratique.

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