Tunisie : émotion après la décapitation d'un jeune berger par des djihadistes

Tunisie : émotion après la décapitation d'un jeune berger par des djihadistes

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HORREUR - Un jeune berger tunisien de 16 ans a été décapité par des djihadistes vendredi dans la région de Sidi Bouzid. Le sort de l'adolescent révolte la Tunisie et en particulier la région dont il est originaire, d'où était parti, fin 2010, le "Printemps arabe".

Consternation en Tunisie. Un jeune berger de la région centrale de Sidi Bouzid en Tunisie a été égorgé et décapité par des djihadistes vendredi alors qu'il faisait paître ses moutons. La victime s'appelle Mabrouk Soltani et était âgée de 16 ans. Ajoutant à l'horreur, ses bourreaux ont ensuite ordonné à son cousin Chokri, 14 ans, témoin de l'effroyable scène, de rapporter à la famille la tête de son cousin enveloppée dans du plastique.

Selon la famille effondrée et choquée, elle a dû attendre toute la nuit avant que les forces de l'ordre pourtant prévenues se présentent à elle. "On les a appelés à 17 heures, ils nous ont dit 'on ne monte pas'. Pourquoi? Vous avez peur?", leur a répondu Mohamed Soltani, 20 ans, le frère de Mabrouk, qui a relaté le fil des événements sur la chaîne privée Nessma, rapporte l'AFP. "C'est la première fois dans l'histoire que la tête de quelqu'un passe la nuit dans un frigo et son corps dans la montagne. (...) Est-ce concevable? Où est la police ? Où est l'armée ?", s'est-il indigné. Le corps de la victime sera d'ailleurs récupéré au mépris du danger par sa famille, dont une partie des membres est allée chercher sa dépouille.

La région de Sidi Bouzid se sent toujours délaissée

Face à l'émoi suscité par le sort funeste de ce jeune berger à travers tout le pays, le Premier ministre tunisien Habib Essid a reconnu que les forces de l'ordre avaient tardé. "Nous avons pris les mesures nécessaires, un peu tard il est vrai, (...)", a-t-il dit à la chaîne privée El Hiwar Ettounsi. Selon le Premier ministre, Mabrouk a été tué pour avoir refusé de livrer ses bêtes aux djihadistes, précisant que le jeune berger n'avait "rien à voir avec l'armée ni avec la police".

Cet acte ignoble relance en outre le sentiment d'abandon d'une région délaissée d'où était parti, fin 2010, le "Printemps arabe", après l'immolation d'un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi. Depuis la révolution, et malgré les avancées démocratiques dans le pays, la Tunisie est confrontée à une montée de l'islamisme radical et du terrorisme.

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