Tunisie : qui est Nidaa Tounés, le parti annoncé en tête des législatives ?

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ÉLECTIONS - La Tunisie attend lundi 27 octobre les résultats officiels des législatives, alors que le grand parti séculier Nidaa Tounès annonce devancer les islamistes d'Ennahda. A la tête de ce parti qui se veut laïc, un vétéran de la vie politique tunisienne ayant servi Ben Ali.

La Tunisie aurait-elle choisi la laïcité ? L'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) pourrait annoncer des premiers résultats partiels des élections législatives tunisiennes dans la journée, mais elle a jusqu'au 30 octobre pour prononcer son verdict définitif.

A l'issue du scrutin de dimanche, le principal parti séculier de Tunisie, Nidaa Tounès, s'est déclaré optimiste. "Nous avons des indicateurs positifs selon lesquels Nidaa Tounès pourrait être en tête", a dit à la presse son chef, Beji Caïd Essebsi. "Nous ne pouvons parler des résultats de ces élections qu'une fois qu'ils seront annoncés officiellement", a-t-il néanmoins ajouté.

Un parti qui comporte aussi d’anciens partisans de Ben Ali

Le parti séculier Nidaa Tounès, est une formation hétéroclite regroupant aussi bien des figures de la gauche syndicale, de centre-droit, que des nostalgiques de l’ancien régime de Zine El Abidine Ben Ali, renversé par la révolution de 2011 . Son chef Béji Caïd Essebsi, âgé de 87 ans, vétéran de la vie politique tunisienne, a été Premier ministre après la révolution de janvier 2011. Ce dernier a aussi bien servi Habib Bourguiba, le père de l'indépendance, que Ben Ali. Il est considéré comme le favori des élections présidentielles du 23 novembre, à laquelle Ennahda ne présente pas de candidats.

Béji Caïd Essebsi s’est présenté comme un rempart à l'islamisme. En quelques mois seulement, ce parti est parvenu à s'imposer dans le paysage politique en jouant la carte du « vote utile », sans toutefois conquérir la majorité absolue qui lui permettrait de gouverner sans alliances.

Un espoir de réussite de transition démocratique

Malgré les craintes de troubles, notamment d'attaques djihadistes, les votes se sont déroulés sans incident majeur sous l'oeil de quelque 80.000 policiers et militaires. Les élections de cette année sont destinées à doter enfin la Tunisie d'institutions stables.

Ces scrutins ont pris deux ans de retard, sur fond de crises politiques, de batailles politiciennes et de flambées de violences. Mais aux yeux de la communauté internationale et des dirigeants tunisiens, le pays reste un espoir de réussite de transition démocratique, alors que l'essentiel des pays du printemps arabe ont basculé dans le chaos ou la répression.

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