Turquie : 6000 enseignants limogés lors de la purge ont repris du service

Turquie : 6000 enseignants limogés lors de la purge ont repris du service

ESPOIR - Selon le ministère de l'Education turc, 6000 enseignants, limogés lors de la purge lancée par le président Erdogan, ont été rétablis dans leurs fonctions, une première depuis le coup d'État avorté le 15 juillet dernier. Un geste d'apaisement du pouvoir ?

Le ministère de l’Education turc a annoncé vendredi 25 novembre que plus de 6 000 enseignants avaient été rétablis dans leurs fonctions. C’est la première fois que les autorités turques annoncent la réintégration d’un tel nombre de fonctionnaires depuis le récent coup d'Etat avorté et la purge qui a suivi. Et ce, deux jours après que le Parlement européen a voté le "gel temporaire" des négociations d'adhésion de la Turquie au sein de l'UE. Simple hasard du calendrier?

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    Plus de 100 000 personnes, notamment des professeurs, militaires et magistrats, ont été arrêtées ou suspendues à la suite de la tentative de coup d'État, le 15 juillet dernier. Mardi 22 novembre, 15 726 personnes ont été de nouveau limogées. Face à cette "répression disproportionnée", le Parlement européen a voulu mettre la pression à Ankara en jouant sur la volonté farouche de la Turquie d'adhérer à l'UE. Des négociations qui ont démarré en 2005, sans avancée concrète jusque-là. 

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      L’économie de la Turquie est quasiment entièrement intégrée à l’UE- Dorothée Schmid, responsable du programme Turquie contemporaine de l'Ifri

      A la suite du vote du parlement européen jeudi 24 novembre, Erdogan n'a pas caché sa colère. "Lorsque 50.000 migrants se sont amassés au poste-frontière de Kapikule, vous avez crié à l'aide. Vous avez commencé à vous demander : 'Que ferons-nous si la Turquie ouvre ses frontières ?" a lancé le président turc lors d’un discours à Istanbul. "Ecoutez-moi bien. Si vous allez plus loin, ces frontières s'ouvriront, mettez-vous ça dans la tête".

      Mais manifestement, avec cette annonce surprise de rétablir 6000 fonctionnaires à leurs postes, Erdogan semble lâcher du lest. Car le président turc a tout intérêt à ne pas se froisser avec Bruxelles. En effet, l'UE lui alloue une aide de 6 milliards d'euros pour continuer d'accueillir les migrants. Et, surtout, parce que l'avenir du pays passe par une adhésion à l'UE, selon Dorothée Schmid, responsable du programme Turquie contemporaine de l'Ifri, interrogée par LCI. "Il n’y a pas d’alternative crédible, estime Dorothée Schmid. L’économie de la Turquie est quasiment entièrement intégrée à l’UE et elle avait l’espoir de devenir un Etat membre influent." 

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