Turquie : dix-huit mineurs pris au piège après une inondation

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ACCIDENT - Les espoirs de retrouver vivants dix-huit mineurs bloqués au fond d'une exploitation de charbon du sud de la Turquie sont presque réduits à néant mercredi, plus de vingt-quatre heures après l'accident qui a inondé le puits où ils travaillaient.

"Chaque minute qui passe est une mauvaise nouvelle pour nos ouvriers".  Depuis l'inondation de la mine d'Ermenek , à 500 km au sud de la capitale Ankara, le ministre de l’Energie Taner Yildiz, ne cache pas son pessimisme. Car si les opérations de pompage de l'eau se poursuivent et si 400 personnes ont été envoyées sur place pour coordonner les secours, les plongeurs ont quant à eux été incapables d'entrer profondément dans le boyau inondé, faute de visibilité.

Selon le ministre, 34 mineurs se trouvaient au fond de la galerie au moment de l'accident, située à plus de 300 m de profondeur. Seuls 16 d'entre eux ont parvenu à s'en échapper avant que l'eau ne l'envahisse totalement.

Les conditions de travail pointées du doigt

Aucun détail n'a en revanche été donné par les autorités sur les circonstances de l'accident. Le Premier ministre islamo-conservateur Ahmet Davutoglu s'est rendu dans l'après-midi à Ermenek, pour y annoncer l'ouverture d'une enquête. Mais plusieurs mineurs et leurs familles, cités par les médias turcs, ont d’ores et déjà mis en cause les conditions de travail qui régnaient dans la mine exploitée par l'entreprise privée Has Sekerler.

Cet accident intervient cinq mois à peine après la pire catastrophe minière de l'histoire de la Turquie , qui avait fait 301 morts le 13 mai à la suite d'une explosion et de l'effondrement d'un puits de charbon à Soma (ouest). Après cette catastrophe, l'enquête de la justice avait mis en cause de nombreux manquements aux conditions de sécurité, contraignant le gouvernement à adopter en urgence une loi pour les renforcer.

"Il semblerait que dans beaucoup de nos mines, nous n'ayons pas atteint un niveau suffisant de technologie. Il nous faut rapidement moderniser nos structures", a admis le chef du gouvernement, "nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir". La Turquie figure au troisième rang mondial pour la mortalité au travail, selon l'Organisation internationale du travail (OIT).

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