Turquie : Erdogan poursuit sa purge et demande aux Occidentaux de "se mêler de leurs affaires"

Turquie : Erdogan poursuit sa purge et demande aux Occidentaux de "se mêler de leurs affaires"
International

DESPOTE - Le président Erdogan continue sa chasse aux opposants politiques. 17 journalistes viennent d'être jetés en prison. Ils sont accusés de liens avec une "organisation terroriste".

Plus rien n'arrête Recep Tayyip Erdogan. Depuis la tentative de putsch du 15 juillet dernier, le président turc purge l'opposition de son pays, en arrêtant et enfermant tout ce qui pourrait ressembler à un opposant politique.

Dernière rafle en date : l'emprisonnement de 17 journalistes, que le pouvoir accuse de liens avec "une organisation terroriste". Face à cette dérive autoritaire, les dirigeants européens et américains multiplient les mises en garde. Ce dont n'a que faire Erdogan.

17 journalistes emprisonnés

17 journalistes sur 21 qui ont comparu devant un tribunal d'Istanbul se sont ainsi réveillés en prison ce samedi 30 juillet. Malgré le soutien de leurs collègues venus dans les allées du tribunal, les juges les ont inculpés pour leurs liens présumés avec "une organisation terroriste", selon l'agence de presse officielle Anadolu.

Parmi eux figure Nazli Ilicak, une journaliste réputée, qui avait travaillé dans un quotidien proche du parti de la Justice et du développement (AKP) du président Erdogan avant d'en être licenciée après un scandale de corruption qui a éclaboussé des proches du chef de l'Etat. Des anciens du quotidien Zaman, pro-Gülen jusqu'à sa reprise en main par le pouvoir en mars, ont aussi été écroués.

Erdogan contre l'Occident

Alors que de nombreuses critiques ont été émises par des responsables européens contre l'ampleur des purges, le président Erdogan a conseillé aux Occidentaux de "se mêler de leurs affaires", dans un discours prononcé depuis son palais présidentiel d'Ankara tard vendredi soir. "Ces pays dont les leaders ne sont pas inquiets pour la démocratie turque, ni pour la vie de nos citoyens et leur avenir alors qu'ils sont tellement préoccupés par le sort des putschistes, ne peuvent pas être nos amis", a-t-il ajouté en regrettant que quasiment aucun haut responsable européen ne soit venu en Turquie après le coup d'Etat avorté.

Signe de la tension, le président de la Commission Jean-Claude Juncker a estimé que l'accord entre UE/Turquie pour freiner l'afflux de réfugiés en Europe occidentale risquait de capoter. Sans parler d'une éventuelle adhésion de la Turquie à l'UE...

Les auteurs d'insultes non poursuivis

Dans un geste de bonne volonté destiné à "renforcer l'unité nationale" deux semaines après la tentative de coup d'Etat militaire, le chef de l'Etat a annoncé renoncer aux plaintes déposées contre ceux accusés de l'avoir "insulté". Près de 2000 personnes seraient concernées dont un des chefs de l'opposition, selon des chiffres donnés par des responsables au début de l'année.

Au cours des deux dernières semaines, plus de 18.000 personnes ont été placées en garde à vue à un moment ou à un autre. Environ 10.000 d'entre elles font maintenant l'objet de poursuites et ont été placées en détention préventive.

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