Géopolitique, diplomatie... aux origines de la crise entre Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan

Géopolitique, diplomatie... aux origines de la crise entre Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan

TENSIONS - Le bras de fer entre Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan s'intensifie depuis quelques jours, le président turc insultant son homologue et appelant au boycott des produits français. Un signe supplémentaire de l'exacerbation des tensions entre les deux pays.

Des controverses aux injures. Les relations entre Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan semblent avoir atteint un nouveau point de non-retour ces derniers jours, le président turc mettant en cause "la santé mentale" de son homologue en raison de ses propos sur les caricatures et l'islam. Ce dernier en rajoutera une couche, lundi 26 octobre, en appelant "la nation" à "ne surtout pas prêter attention aux marques françaises". Une polémique de plus entre les deux hommes, qui ne sont jamais parvenus à trouver un terrain d'entente. Et ce, depuis 2017.

Quand Emmanuel Macron prend les rênes de l'Elysée, le dossier Turquie est déjà épineux. En cause : la reconnaissance du génocide arménien en 2001, et le refus d'intégrer Ankara à l'Union européenne. Après des mois de tensions, le conflit prend une autre tournure en 2019 quand Emmanuel Macron dénonce l'état de "mort cérébrale" de l'Otan. Recep Tayyip Erdogan l'avait en retour invité à "examiner sa propre mort cérébrale".

De la Syrie à la Libye

Outre les cercles diplomatiques, c'est sur le terrain militaire que les deux camps vont peu à peu se faire face. Déjà en Syrie, quand Paris fait grise mine en voyant l'armée turque reprendre aux forces kurdes - alliées des Occidentaux face au groupe État islamique - une bande frontalière de 120 kilomètres à l'intérieur du territoire syrien. 

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Mais aussi et surtout du côté de la Méditerranée : en Libye, le président Erdogan s'engage militairement aux côtés du gouvernement d'union nationale de Fayez al-Sarraj, reconnu par l'ONU et basé à Tripoli, face aux autorités de l'Est du général Khalifa Haftar. Accusée parfois d'avoir soutenu Haftar, Paris dénonce aujourd'hui toutes les ingérences étrangères, et refuse de laisser la Turquie prendre pied en Libye, d'où celle-ci contrôlerait un second point d'accès aux routes migratoires vers l'Europe.

En Méditerranée orientale, le torchon brûle aussi entre les deux puissances. La Turquie se base en effet sur un accord de délimitation maritime signé avec Sarraj pour revendiquer un plateau continental considérablement étendu, où elle mène des recherches gazières au grand dam de la Grèce et de Chypre. Quand l'été 2020 se profile, les esprits s'échauffent à nouveau au large de la Libye. Paris accuse en effet Ankara d'avoir visé une de ses frégates lors d'un contrôle de navires soupçonnés de violer l'embargo sur les armes à destination des côtes libyennes.

Dernier front en date ? Le Caucase, où la Turquie soutient l'Azerbaïdjan dans son conflit avec l'Arménie sur le Haut-Karabakh. Le président Macron a dénoncé à cet égard l'envoi au front de mercenaires syriens par la Turquie.

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